Il est 22h ce 11 juin lorsque l’ambassadeur de France en Suisse frappe à la porte d’une maison à La Croix-de-Rozon (GE). Didier Pittet ouvre, invite le visiteur à entrer. Il s’en va cueillir de la verveine dans le jardin et prépare une tisane. Le diplomate est venu dire à l’infectiologue genevois qu’Emmanuel Macron cherchait un épidémiologiste de renommée mondiale pour diriger une mission d’expertise scientifique chargée d’évaluer la gestion par la France de la crise du coronavirus. Le professeur Didier Pittet ferait l’affaire parce qu’il est Suisse, donc extérieur, que sa notoriété est internationale et que la crise sanitaire a été plutôt bien gérée en Suisse.

Didier Pittet se demande tout de même où il va trouver le temps. Il dirige le service de prévention et de contrôle de l’infection aux HUG, quitte son bureau pour entrer en cellule de crise ou rencontrer un conseiller d’Etat, dort quatre heures par nuit, a en permanence 3000 mails en souffrance. Il répond cependant oui parce que la proposition est tentante. Lui, l’ambassadeur depuis vingt-cinq ans de l’hygiène des mains pour l’OMS, va saisir là une nouvelle occasion de promouvoir le gel hydroalcoolique, défense essentielle contre le virus.