Evidemment, le mot n’est plus rare. Il a eu son quart d’heure de célébrité wahrolienne. Il y a deux semaines, les scientifiques du CERN annonçaient avoir trouvé une particule proche, à 99,9%, du désormais fameux «boson de Higgs». Si l’on comprend bien, ledit boson incarnerait le lien fondamental, la particule permettant à toute autre de se doter d’une masse. L’Ecossais Peter Higgs l’a présumé, en théorie. Avant que la colossale installation du CERN, un tunnel de 27 km que l’on peut visiter lors de journées publiques, n’amène une esquisse de confirmation. Captivé par le sujet, Le Temps expliquait au moment du dernier épisode en date: «[…] tout l’espace est rempli par un «champ de Higgs». De façon similaire, entre les deux pôles d’un aimant en forme de fer à cheval, règne un champ magnétique. Or c’est en traversant ce champ de Higgs que la majorité des particules acquièrent leur masse.» L’éventuel jaillissement de ce boson aurait lieu dans un espace de temps tenant du millionième de milliardième de milliardième de seconde. Ce qui fait court. Notre média de référence notait encore à propos de cette hypothèse: «Autant dire que l’affaire n’est pas mince.» En effet. Ou trop mince, justement.

Cette semaine, pour célébrer l’exploit du CERN, nous nous aventurerons dans le langage complexe de la physique. Terrain risqué, tant il est compliqué. Encourageons-nous avec les propos, tenus le vendredi 6 juillet dans son Université d’Edimbourg, par l’ému et néanmoins éminent Peter Higgs: «Il est parfois très agréable d’avoir raison.»