Bruno Carroy est un jeune sommelier de 40 ans qui a créé il y a deux ans Terre Oenophile-Ecole nomade du vin, une structure mobile offrant des cours de dégustation dans tout le bassin lémanique (www.terre-oenophile.ch). Diplômé de l'Université du vin de Suze-la-Rousse, il a été l'un des créateurs de la Cité des Vins à Genève (aujourd'hui Lavinia). Il a également été finaliste du concours Sopexa du meilleur sommelier de Suisse en 1996.

Son coup de cœur? Un sauvignon blanc d'Hermance nommé «Tranquille», millésime 2006, AOC Genève, produit par Paul-Henri Soler, un vigneron qui ne possède pas de vignes mais loue des parcelles dans le canton du bout du lac et vinifie dans une ferme à Mategnin. «Un vin particulièrement original, atypique, vivant et expressif» selon Bruno Carroy, qui apprécie l'esprit «nature» des flacons de Paul-Henri Soler. En effet, celui-ci s'efforce d'éviter le recours aux additifs traditionnels, comme les pesticides, le soufre ou les levures sélectionnées.

Après avoir travaillé comme caviste à la Cité des Vins, Paul-Henri Soler a débuté son activité de vigneron il y a trois ans. Non sans expérience, puisqu'il a suivi une formation en viticulture et en œnologie à Bordeaux, dont il est originaire.

«La robe du vin, jaune paille et légèrement orangée, est un peu matte et trouble», souligne Bruno Carroy. Le vigneron a bâtonné avant la mise en bouteille «afin de remettre les lies en suspension dans le but d'apporter du gras et un fruit plus intense.»

«Le nez révèle, tranquillement, une belle palette aromatique. Les épices sont présentes avec des notes de poivre blanc, raz-el-hanout, noix de muscade. Le fruité est mûr et juteux avec des arômes d'abricot et de pêche blanche.» Le vin a une touche oxydative, due à son élevage: 19 mois en barrique de quatre vins, dont dix mois en oxydation. Cette touche est «soulignée par un côté massepain et pâte de coing, poursuit Bruno Carroy. Il y a aussi des notes de fumé et de malt, type Islay. Au deuxième nez, on perçoit des arômes de gentiane, beurre et ananas.»

«En bouche, c'est du bonbon! Le vin est rond, plein, charnu et acidulé en finale. Il a vraiment un joli gras, équilibré par une acidité rafraîchissante. L'alcool est bien intégré. Le tout est gourmand, intense et digeste. La finale est marquée par des notes de fumé, malt, abricot et pêche.»

A boire en apéritif, ou avec des cuisses de grenouille, une terrine de poisson, du chèvre frais…

Où l'acheter? Au marché de Carouge

le samedi matin (rue Saint-Joseph).

Ou appeler Paul-Henri Soler

au 079/746 24 61. Prix: 15 francs.

Chaque semaine, un expert du monde du vin présente son coup de cœur au «Temps».