Automobile

Le Brexit va coûter cher aux constructeurs, dont Jaguar

Le groupe Jaguar Land Rover se réorganise et mise sur l’électrique pour sortir de la crise

Alors que l’importateur suisse de Jaguar Land Rover annonce des chiffres très réjouissants (+51,2% d’immatriculations de Jaguar comparé à 2017, +7,4% d’immatriculations de Land Rover, soit une croissance globale de 19,1% en 2018 dans le contexte d’un marché suisse en repli à -4,6%), la situation du constructeur britannique sous contrôle de l’Indien Tata Motors reste préoccupante.

Si elle faisait jusqu’ici figure de poule aux œufs d’or pour le groupe, la filiale britannique est aujourd’hui confrontée à une crise profonde. A tel point qu’elle envisage des coupes de l’ordre de 10% des effectifs, principalement au niveau des cadres, des superviseurs, des ingénieurs et des designers. On parle d’une «charrette» de 4500 postes sur 42 500 qui serait nécessaire pour garantir un retour aux bénéfices.

Baisse de la demande pour les véhicules diesel

A cela, plusieurs raisons: les incertitudes liées au Brexit qui ont entraîné un affaiblissement de la livre sterling et augmenté le coup des fournitures, le tassement du marché en Chine et, enfin, la baisse de la demande pour les véhicules diesel, qui représentent 90% de la production.

En conséquence, JLR se réorganise et table, plus que jamais, sur l’électricité. Pour une fois, les ouvriers ne sont pas touchés. Et pour cause: la compagnie va en avoir grandement besoin, puisqu’on parle de commencer à produire des unités de propulsion électrique plutôt que des moteurs thermiques dans l’usine Wolverhampton et de créer une usine de batteries à Hams Hall, près de Birmingham.

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Possible délocalisation

Ces économies drastiques sont hélas indispensables: entre avril et septembre 2018, JLR a perdu 354 millions de livres (447,5 millions de francs) et n’a vendu que 600 000 véhicules (–4,6%). Les mesures anti-Brexit lui ont déjà coûté des millions de livres. JLR envisage maintenant des mesures plus radicales, comme la construction de nouvelles usines en Chine et la délocalisation de la production des Land Rover Discovery et du futur Defender en Slovaquie histoire de libérer de la place à Birmingham pour produire de futurs modèles électriques.

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