Avant de devenir un militant écologiste, Bruno Manser était un aventurier et un utopiste. Sa quête dans la forêt tropicale de Bornéo éveille dans les esprits l’archétype d’un monde perdu où l’homme vit en harmonie avec la nature. Un fantasme qui reprend de la vigueur, à l’heure des préoccupations climatiques. outre-Sarine, le film sur le Bâlois – Bruno Manser – La Voix de la forêt tropicale, qui sort ce mercredi en Suisse romande – s’affiche dans le top 5 des titres les plus vus dans les salles de cinéma.

Qui était cet idéaliste, disparu dans la jungle il y a vingt ans? Bruno Manser, c’est d’abord un homme qui a réalisé un rêve d’enfant. Dans un exposé écrit à l’école alors qu’il n’avait que 12 ans, il s’imaginait déjà dans la forêt: «Quand je serai grand, j’aimerais exercer un bon métier, en lien avec la nature. Il faudrait que ce soit un travail un peu aventurier! Je pourrais aller à Sumatra, à Bornéo ou en Afrique, dans la jungle impénétrable. Là-bas, je vivrais entre les gorilles et les orangs-outans, comme un habitant des cavernes. J’aurais toujours sur moi une loupe, une pipe de tabac, des jumelles et beaucoup de livres sur la nature.»