La campagne ne sera plus demain ce qu'elle a été par le passé, essentiellement tournée vers la production agricole. Elle remplira toutes sortes d'autres fonctions, tels l'aménagement du paysage, la préservation de la biodiversité et l'accueil de loisirs. De cette révolution témoigne un livre présenté jeudi au Domaine d'Ecogia, au-dessus de Versoix, COLVER - DessEin d'un paysage.

L'ouvrage raconte l'histoire du projet pilote COLVER, du nom des deux communes genevoises Collex-Bossy et Versoix qui l'ont abrité ces dernières années. L'objectif de départ était de tirer le meilleur profit possible de la «compensation écologique», cette obligation faite au paysan depuis 1993 de préserver et même de recréer les milieux naturels, se souvient Sylvie Viollier-Schaerrer, l'un des deux maîtres d'œuvre de l'expérience. Un effort important a été par conséquent consacré au rétablissement de prairies naturelles qui avaient complètement disparu.

Mais l'ambition du projet a été d'emblée plus large pour servir non seulement les intérêts des paysans et des écologistes mais aussi ceux d'autres acteurs locaux. Un exemple: des pistes ont été tracées pour permettre aux (nombreux) cavaliers de la région de parcourir les deux communes sans gêner les paysans. Et même en leur assurant une nouvelle source de revenu. Présent jeudi à Ecogia, le conseiller d'Etat Robert Cramer a résumé l'une des grandes vertus de COLVER: «A l'arrivée, tout le monde y gagne.» A suivre.

COLVER - DessEin d'un paysage, d'Yves Bischofberger et Sylvie Viollier-Schaerrer, Editions Suzanne Hurter, Genève, 2006.