E-partage

Campinmygarden favorise les échanges plutôt que la technologie

Sur cette plateforme, des particuliers peuvent mettre leur jardin à la disposition des campeurs de passage

Cerisiers, pommiers et plantations de houblons. C’est en traversant une Thurgovie de carte postale que l’on arrive dans le village de Langrickenbach, à 2 kilomètres du lac de Constance, où se trouve une des annonces proposées actuellement par le site Campinmygarden.com. Dans une ancienne maison rénovée, dotée d’un grand jardin, Gregor Eisenlohr présente l’espace qu’il met à la disposition des visiteurs occasionnels qui le contactent via le site, créé en Grande-Bretagne en 2010.

Sorte de Airbnb pour campeurs, la plateforme met en contact, d’un côté, des privés qui proposent un jardin ou un espace à proximité de leur maison pendant quelques jours et, de l’autre, des voyageurs qui viennent y planter leur tente. Dans notre pays, le site compte une quinzaine d’annonces, en grande partie en Suisse alémanique. Un autre hébergement est proposé du reste à quelques kilomètres de là, à Kradolf.

La plateforme privilégie une approche non lucrative: les séjours sont limités à deux semaines d’affilée pour les campeurs, tandis que les hébergeurs peuvent offrir 28 jours de location annuelle. L’argent n’est de toute façon pas la motivation du trentenaire, père de famille. «Les quelques francs que nous recevons par nuitée sont plutôt symboliques. Nous les mettons directement dans la tirelire des enfants», plaisante-t-il. Gregor Eisenlohr se décrit avant tout comme un fan de voyage, avec de longs séjours effectués aussi bien au Cambodge qu’en Australie. Il aime le principe d’échange et de réciprocité rendu possible par le site: «J’ai aussi utilisé cette plateforme lors de vacances en Allemagne, en Hongrie ou en Roumanie», souligne-t-il. Le profil des campeurs varie: il y a aussi bien des jeunes gens dans la vingtaine que des familles avec des enfants en bas âge. Il ne met à disposition son jardin que lorsqu’il est présent: «Le but est de rencontrer des gens, qui sont généralement très ouverts», ajoute-t-il.

D’allure décontractée, le Thurgovien, employé au service externe d’une entreprise industrielle de la région, fait partie d’une génération de gens qui restent connectés en permanence. A côté de son emploi principal, Gregor Eisenlohr exploite aussi un site de location et de vente de tentes que l’on installe sur le toit des voitures, sous le nom de netz­partner.ch. Très populaires en Asie, ces tentes commencent à avoir des adeptes en Suisse.

Alors que d’autres personnes contactées par Le Temps sur le site de Campinmygarden ont mis plusieurs jours avant de répondre à une demande, ou n’ont tout simplement pas répondu, le retour est venu très vite chez Gregor Eisenlohr. Un aspect essentiel, selon lui: «Si l’on propose un hébergement ou un service en ligne, le temps de réponse est primordial. Aujourd’hui, les gens sont connectés en permanence sur Internet via leur téléphone mobile. Si l’on tarde à répondre, les utilisateurs se tournent vers d’autres fournisseurs», constate-t-il.

L’absence de version pour appareils mobiles est une des principales critiques qu’il émet au sujet de la plateforme: «Aujourd’hui, neuf personnes sur dix consultent Internet via un smartphone. C’est encore davantage le cas pour les personnes qui sont en déplacement», observe-t-il. Autre point négatif: l’absence de véritable traduction du site: «Compte tenu du grand nombre d’offres situées dans les pays germanophones, pourquoi ne pas le proposer aussi en allemand?» s’interroge-t-il.

Hormis quelques termes traduits sur la plateforme, mieux vaut se fier à la version originale qu’à celle en français. Contactés par courriel, les exploitants de la plateforme n’ont pas répondu aux demandes du Temps concernant ces deux suggestions. Espérons que cela soit le cas d’ici à la prochaine saison d’été.


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