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Yann Barthès claque la porte du Petit Journal, émission satirique culte qu'il présentait depuis 2011.
© LIONEL BONAVENTURE

Médias

«Canal+ est mort, mais Yann vaincra»

Le départ de Yann Barthès du «Petit Journal» affole les téléspectateurs qui voient dans cette décision le coup de grâce porté à l’esprit frondeur de Canal+

«Je ne présenterai plus Le Petit Journal la saison prochaine»: l’annonce de Yann Barthès, animateur vedette de l’émission satirique de Canal+, a provoqué une onde de choc lundi sur la Toile. Celui qui «souhaite écrire avec les équipes de Bangumi (la société de production de l’émission, ndlr) une nouvelle histoire et vivre de nouvelles aventures» tournera la dernière séquence le 23 juin prochain avant de quitter définitivement l’antenne qu’il occupe depuis 2011.

Entre baisse d’audience et tracas financiers, Le Petit Journal, accusé de coûter trop cher, traversait une phase difficile et les rumeurs sur une éventuelle démission du présentateur allaient bon train depuis plusieurs mois. Après avoir «remercié Yann Barthès et Bangumi pour les belles années passées ensemble», la chaîne a annoncé dans la foulée que l’émission continuerait à exister sous une nouvelle formule à la rentrée.

Du côté des téléspectateurs, les sentiments oscillent entre reconnaissance, colère et déception après les déclarations de Yann Barthès à l’AFP. Depuis janvier dernier, ils étaient en moyenne quelque 1’156 million à suivre le rendez-vous quotidien qui allie humour et information. Sur Twitter, où les hashtags #YannBarthès et #LePetitJournal se sont immédiatement imposés parmi les tendances journalières, les internautes regrettent déjà le verbe acéré du présentateur. «Canal + risque donc de perdre bien plus que son animateur «fétiche», dommage, beaucoup de personnes suivaient l’actualité via le PJ…», déplore un usager. Alors que les hypothèses sur les causes de son départ fleurissent, @VRLambrecq estime que «quelles que soient les raisons, une génération le regrettera».

Lire aussi: «Le Petit Journal» pourrait disparaître de la grille de Canal +

Beaucoup voient dans le départ du Barthès une manœuvre du directeur de la chaîne Vincent Bolloré, qui essuie au passage de violentes critiques. «Ah donc #Bollore a eu la peau de la seule émission qui avait encore un soupçon d’esprit d’analyse et de critique?» tacle Antoine-Gaël Marquet, auteur et éditeur, tandis qu’un internaute propose que «Bolloré s’achète lui-même et qu’on n’en parle plus». Les récents choix de Canal +, qui s’est lancé dans une grande restructuration de sa grille de rentrée, suscitent la colère des téléspectateurs depuis plusieurs mois.

Après le départ d’Antoine de Caunes du Grand Journal et le passage en crypté des Guignols, les fidèles de l’émission pleurent la fin du dernier bastion de l’impertinence décalée, caractéristique de la chaîne à ses débuts. «Canal + nous a fait rire et rêver comme il nous fait pleurer et rager aujourd’hui! Honte à vous d’avoir tué votre esprit», s’énerve @Zolive. Quant à la nouvelle formule du Petit Journal, on lui prédit un «échec annoncé»: «On ne remplace pas un présentateur à succès». «Avec Bolloré, on comprend ce qu’est la puissance, la force d’un bon entrepreneur. Il a su donner à Canal + un nouvel élan… vers la sortie.»

Certains accueillent toutefois la décision de Yann Barthès comme un acte de résistance: «Félicitations au «Petit Journal» qui se délie des pleins pouvoirs de #Bolloré. #Canal + est mort, mais Yann Barthès vaincra!» tweete une internaute. D’autres encore saluent son attitude, loin du jusqu’au-boutisme à la Julien Lepers. «Voilà quelqu’un qui sait s’arrêter à temps et se renouveler… et qui ne s’accroche pas bec et ongles à son émission… chapeau!»

Yann Barthès claque la porte? La nouvelle réjouit une minorité d’internautes. Comme Ararat, qui navigue à contre-courant sur le site du Monde: «Salonnier, impertinence calibrée, que ce type antipathique et pontifiant cesse de jouer les Narcisse. Ah le nombril, ça ne suffit pas à rendre intelligent et cultivé et ça finit par lasser.»

Lire aussi: Yann Barthès quitte «Le Petit Journal», les soucis s’accumulent pour Canal +

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