Renommer des livres, déboulonner des statues, mais aussi dénoncer en masse des comportements individuels sur les réseaux… La «cancel culture» est, pour certains, le moyen de reprendre une parole bafouée et, pour d’autres, une manière de museler ceux qui expriment des opinions contraires. «Le Temps» explore cinq facettes de ce «phénomène».

Le premier article: Aux origines de la «cancel culture»

Appels à renommer, censurer, boycotter… La cancel culture frappe les œuvres culturelles, mais pas seulement. Elle vise également des individus. Ainsi, celles et ceux qui font ou disent des choses qu’une partie de la population juge contraires à ses valeurs peuvent être «annulés».

Observable principalement sur les réseaux sociaux, avec des dénonciations et des hashtags, le phénomène vise tant les personnalités publiques que les anonymes. Mais si l’étiquette «cancel culture» peut être collée à tout le monde, elle n’a pas les mêmes conséquences, ni la même symbolique. Le Temps a soumis trois cas différents à Sarah Kiani, historienne des mouvements sociaux à l’Université de Neuchâtel, et à Olivier Glassey, sociologue des usages numériques à l’Université de Lausanne.