Le finastéride est une substance qui inhibe la production d'androgènes dans la prostate. Il est utilisé dans deux applications fort différentes: sous le nom commercial de Propecia, il fait repousser les cheveux; et sous la marque Proscar, à des doses bien plus élevées, il combat l'hyperplasie bénigne de la prostate et les troubles urinaires qui lui sont liés.

Dans une vaste étude (18 882 hommes suivis pendant 7 ans) publiée le 17 juillet dans le New England Journal of Medicine, des chercheurs américains mettent en évidence le rôle protecteur du finastéride contre les cancers de la prostate: des cancers ont été découverts chez 24,4% des hommes sous placebo, contre 18,4% chez les hommes sous finastéride.

Traitement ciblé

Pour autant, une prévention généralisée n'est pas préconisée. D'abord parce qu'on a observé, chez les hommes sous finastéride, un petit nombre de cancers très agressifs, sans qu'on puisse toutefois établir une relation de cause à effet. D'un autre côté, on souligne que les cancers «ordinaires» de la prostate permettent, même sans traitement, une survie à 15 ans importante (la mortalité va de 4% à 30%). Enfin, si le finastéride réduit les problèmes urinaires, il peut provoquer des troubles de la sexualité. A chacun de faire son choix.

D'autant qu'une autre étude, australienne celle-là, démontre que la… masturbation a un effet protecteur important (British Journal of Urology International). Plus les éjaculations sont nombreuses entre 20 et 50 ans, disent-ils, mieux la prostate se portera ensuite. Ainsi, les témoins qui ont éjaculé plus de 5 fois par semaine dans leurs jeunes années ont vu le risque de cancer diminuer de 33%. Pourquoi? Peut-être parce qu'on évite ainsi le séjour prolongé de substances cancérigènes dans le liquide séminal, où elles se retrouvent à une concentration 600 fois plus élevée que dans le sang.