Lorsqu'elle a rencontré son Vladimir, Lioudmila Poutine, la nouvelle première dame de Russie, était hôtesse de l'air. Hôtesse de l'air sur les lignes intérieures soviétiques, certes, ce qui suppose un sang-froid au moins égal à celui d'un pilote de chasse. Mais tout de même, hôtesse de l'air, c'est-à-dire membre de cette profession délicieusement féminine conçue tout exprès pour les filles à marier.

C'est du moins ce que laissait entendre la semaine dernière le journal Le Matin, en citant une série de «first ladies» – de Sarah Netanyahou à Dimitra Liani-Papandréou en passant par Erika Brander-Koller – tout droit descendues de leur Boeing.

Il y aurait donc des métiers plus ou moins pourvoyeurs de rencontres intéressantes. Pour les hommes, citons en vrac chirurgien en chef, producteur de cinéma, patron de multinationale. Tandis que mineur de fond, c'est moins bon. Pour les femmes, on sait qu'institutrice, c'est risqué, et diplomate, carrément suicidaire (vous en connaissez beaucoup, des hommes qui quittent leur travail pour suivre leur aimée?) Mieux vaut être jeune première, fleuriste dans un grand hôtel, ou bien, justement hôtesse de l'air. A savoir des métiers qui vous mettent en contact avec une population masculine à la fois abondante et régulièrement renouvelée.

Et journaliste alors, direz-vous? C'est vrai que dans ce job, on en rencontre à la pelle, des hommes intéressants. Voyez Jackie Kennedy, c'est comme ça qu'elle a connu John. Elle est entrée avec son calepin et sa jupe serrée, elle a dû laisser tomber son stylo et hop, il a eu une question urgente à lui poser. Voyez Anne Sinclair, et Claire Chazal, glamoureusement mariées toutes deux.

Sauf que. Une recherche récente de l'Unité d'andrologie de l'Université de Pise laisse entendre que Claire, Anne et Jackie constituent une exception. Et que face à la rédactrice moyenne, les hommes ont plutôt tendance à prendre leurs jambes à leur cou.

Voilà ce qu'explique Fabrizio Menchini Fabris, directeur de ladite unité: actuellement, entre les draps, ça ne va pas fort. Le taux de mâles pas très rugissants atteint le chiffre alarmant de sept sur dix. Fabrizio Menchini parle de «crise» et identifie son origine: les femmes deviennent trop exigeantes. Quand elles restent sur leur faim, elles le disent, au lieu de se pâmer en play-back. Ce comportement à risques s'observe tout particulièrement dans les couples comprenant une femme de carrière. Et au premier rang des femmes de carrière castratrices, on trouve les journalistes. Avec leur manie d'argumenter et de demander «Et ensuite?», elles oublient que les hommes ont un impérieux besoin d'être rassurés et de s'entendre répéter qu'ils sont les meilleurs. Et l'andrologue en chef de conclure: «Coucher avec une rédactrice est un acte de courage!»

Nom d'une pipe, quand je pense que j'ai failli rester vieille fille. J'aimerais rendre ici hommage aux hommes héroïques qui se sont risqués sous ma couette. A propos, les ai-je assez félicités? Je crains que non. Il faut croire que Fabrizio Menchini n'a pas tout tort.