«Aujourd’hui, il n’y a plus aucun avion Air France qui vole sans sondes modifiées», a déclaré Louis Jobard, président de la section Air France du syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, lors d’une conférence de presse à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Selon lui, les 28 avions Air France qui volaient mardi disposaient tous de deux sondes de nouvelle génération. Parallèlement, la compagnie française a accepté d’accélérer le programme de remplacement de ses capteurs de vitesse de telle sorte qu’à la fin de la semaine, tous les A330 et A340 auront au moins deux nouvelles sondes sur les trois disposées sur les appareils.

Des messages envoyés par le vol AF447 avant qu’il ne s’abîme dans l’océan Atlantique montrent que les sondes «Pitot» pourraient avoir fourni des indications de vitesse erronées, un élément possible du drame. L’accident a fait 228 morts.

Série d’anomalies

Sans préjuger du lien avec l’accident du vol Rio-Paris, le syndicat de pilotes Alter, assure qu’il existe «un risque réel de perte de contrôle d’un Airbus» en cas de panne de ces petits tubes placés à l’avant de l’appareil pour calculer la vitesse de l’avion.

En septembre 2007, Airbus avait conseillé aux compagnies aériennes de remplacer ces sondes Pitot sur leur flotte d’A320, A330 et A340 à la suite d’une série d’anomalies.

Air France avait engagé un programme de remplacement le 27 avril dernier après avoir à son tour observé des incidents lors de vols en haute altitude à partir de mai 2008.

Swiss suit le mouvement

La compagnie Swiss va également remplacer ces sondes sur huit de ses A330-200. Cette mesures a été prise volontairement, a annoncé le porte-parole de Swiss, Franco Gullotti, à l’ATS.

Swiss utilise ces appareils de mesure depuis dix ans. Pour l’heure, un seul incident a été signalé. Il s’était produit en 2007, par temps d’orage. Swiss et Airbus avaient conclu qu’il s’agissait d’un incident isolé.

Les autres longs-courriers de Swiss de type A330 et A340 n’utilisent pas les mêmes sondes Pitot, a précisé le porte-parole de la compagnie helvétique.

Parallèlement, les enquêteurs ne désespèrent pas de retrouver les «boîtes noires» de l’appareil , susceptibles de fournir les données les plus claires sur le déroulement du vol. Le Bureau d’enquêtes et analyses (BEA) dispose pour l’instant de 24 messages de panne automatiques transmis par l’avion et qui montrent une cascade de problèmes techniques.

Identification des premiers corps

Les seize premiers corps des 228 victimes du vol AF 447 sont arrivés mardi sur la petite île de Fernando de Noronha, au large des côtes brésiliennes, pour une identification préliminaire. Après les premiers examens d’identification sur l’île, ils seront ensuite transportés à l’Institut médico-légal de Recife.

Interpol a annoncé que l’organisation policière aidera à coordonner «l’identification des corps des victimes de cette tragédie» originaires de 32 pays.

Les Marines brésilienne et française, déployées sur la zone de l’accident du vol Rio-Paris, à environ 1150 km de la côte, ont à ce jour récupéré 28 corps et des pièces importantes de l’avion, comme la dérive et une pointe de l’aile, a annoncé l’armée.