NEUROBIOLOGIE

Des cellules souches de la rétine se multiplient et se différencient

Un chercheur lausannois cosigne une découverte sur l'œil adulte humain

Une équipe internationale de chercheurs est parvenue à isoler et caractériser des cellules souches d'adultes (CSA) dans la rétine humaine qui sont capables de se multiplier et se différencier en tous types de cellules rétiniennes. Elles ont été testées in vivo avec succès, comme le décrivent Yvan Arsenijevic, de l'Hôpital ophtalmique Jules Gonin de Lausanne, et ses collègues américains et canadiens dans les Proceedings of the National Academy of Sciences du 25 octobre.

Les scientifiques savent depuis quelques années que de telles CSA rétiniennes multipotentes existent chez la souris. Chez l'homme cette fois, elles ont été localisées dans l'œil de donneurs âgés de quelques jours à plus de 60 ans, précisément en périphérie de la rétine, près de l'iris. Cultivées in vitro, ces CSA isolées ont survécu. «Elles se sont en outre multipliées de manière très importante, puisque environ 100 milliards de cellules peuvent être issues d'une seule à l'origine», explique Yvan Arsenijevic.

Afin de tester leur potentialité multiple, les chercheurs ont implanté ces CSA de rétine humaine dans l'œil de souriceaux et d'embryons de poussins. Dans le premier cas, «la majorité des cellules se sont transformées en cellules nerveuses rétiniennes, spécialement en photorécepteurs», indique le scientifique lausannois. Celles-ci exprimaient en outre de manière appropriée une protéine typique majeure (Rom1). «Chez le poulet aussi, huit jours après la transplantation, les CSA ont incorporé le programme de développement de l'œil», poursuit-il.

A très long terme, ces recherches suggèrent que ces cellules, relativement facilement isolables, intégrables et différenciables, pourraient être utilisées pour traiter des dégénérescences rétiniennes humaines. Mais, avant cela, Yvan Arsenijevic tient à préciser qu'«il est impératif de détailler le rôle et le fonctionnement biologiques exacts de ces CSA, encore très mal connus. Pour se faire, les recherches sur les cellules souches embryonnaires sont également d'une importance cruciale pour comprendre ces processus», précise-t-il, faisant référence à la votation du 28 novembre.

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