En quoi est-ce que la vaccination permet de favoriser le développement durable? Ce sujet, qui sera débattu en anglais ce mardi 10 janvier au Käfigturm à Berne(Käfigturm, Marktgasse 67,031/322 70 07, 18h30), est une des conférences proposée en marge de l'exposition «Attention virus!» (LT 21.10.05) par des experts de la vaccination. Comme Jean-Pierre Le Calvez, chef de la communication au GAVI, l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation. Avant-goût des débats.

Le Temps: Le GAVI s'occupe de la promotion de la vaccination dans les pays en développement. Qu'en est-il des nouveaux vaccins?

Jean-Pierre Le Calvez: Nous faisons tout pour raccourcir le temps qui s'écoule entre la mise au point d'un vaccin et sa mise sur le marché dans les pays les plus pauvres de la planète.

– Ce décalage est-il important?

– Le vaccin contre l'hemophilius influenza B., qui provoque des troubles graves, existe depuis trente ans en Occident. Mais nous n'avons pu l'introduire que depuis quatre ou cinq ans dans ces pays. C'est un des volets de notre action que d'introduire sur le terrain des vaccins sous-utilisés. Comme ceux contre de la fièvre jaune et contre l'hépatite B.

– L e vaccin contre rota virus est sur le point d'être commercialisé.

Comment allez-vous procéder?

– Le rota virus est la cause majeure de diarrhées qui tuent quelque 500 000 enfants de moins

de 5 ans chaque année. Nous sommes en contact avec l'industrie pharmaceutique afin d'obtenir un vaccin adapté aux

sérotypes – soit les variétés de bactéries d'une même famille – spécifiques aux régions concernées.

– Les vaccins développés chez nous sont-ils moins efficaces dans les pays en développement?

– Le vaccin contre les pneumocoques couvre sept sérotypes. En Afrique sub-saharienne il y en a dix. Il faut donc en tenir compte dans la fabrication du vaccin. Chaque année deux à trois millions d'enfants meurent faute de vaccin. Avec les doses à disposition nous pouvons en sauver plus d'un million. Et avec les nouveaux vaccins, répondant aux critères des pays en voie de développement, nous espérons en sauver 1,4 million environ. Par ailleurs, des études récentes montrent que la vaccination permet un développement de l'économie des pays pauvres.