Les moules ont la capacité hors du commun de se coller à n'importe quoi. Des chercheurs américains ont enfin percé leur secret: les bivalves utilisent le fer contenu dans l'eau de mer pour fabriquer leur super-glu. Comme le précise l'article paru dans la revue Angewandte Chemie du 12 janvier 2004, c'est la première fois que l'on découvre que des ions métalliques sont indispensables dans la fabrication d'un matériel biologique. Les chercheurs aimeraient maintenant vérifier si les huîtres et les bernacles utilisent la même matière première.

Selon Jonathan Wilker et ses collègues de l'Université de Purdue aux Etats-Unis, les bivalves extraient le fer de l'eau dans laquelle ils baignent et s'en servent pour joindre des protéines entre elles. Les moules forment ainsi une matière fibreuse qui s'avère être une prise solide et parfaitement adhésive. La preuve: les 800 spécimens que contient le laboratoire de Jonathan Wilker ont la capacité de se coller à quasiment n'importe quelle matière, même au Teflon.

Cette découverte est susceptible de permettre le développement d'un produit

capable de remplacer avantageusement les peintures antifouling actuelles. Ces dernières sont utilisées pour protéger les coques des navires contre les assauts des mollusques et elles sont très polluantes. Elles tuent les bernacles lorsqu'elles sont encore dans leur stade larvaire en relâchant du cuivre, contaminant par la même occasion les eaux qu'elles traversent.

Que des ions de métal puissent joindre deux chaînes de polymères ouvre la porte à d'autres applications. Les scientifiques rêvent déjà à la création de matériaux nouveaux aux propriétés surprenantes en matière de plasticité, de résistance ou d'adhésion. Cela pourrait notamment déboucher sur de nouvelles colles domestiques ou médicales extrêmement efficaces.