Pour Grégoire Furrer, c’est une pépinière. Le comique sur Internet est à la fois un laboratoire et une formidable caisse de ré­sonance: «Plus de 2,5 millions de vues par vidéo, c’est vertigineux. Le nombre de spectateurs impressionne, mais la vitesse à laquelle cette scène évolue impressionne encore plus. D’ailleurs, les vedettes comme Norman et Cyprien font presque figures d’anciens…»

Le Montreux Comedy Festival est devenu un rendez-vous es­sentiel pour les humoristes francophones. «Je dois intégrer cette nouvelle génération, explique son président. Il est évident que «faire rire» aujourd’hui, ça se passe autant sur Internet que sur scène. Un festival d’humour n’est plus un programme concentré sur quelques jours, il doit servir de lien entre artistes et public, avoir une visibilité toute l’année, être un espace de rencontre entre différents supports: scène, télévision, cinéma, Internet…»

A tel point que, depuis 2009, le festival a mis en place des «web­résidences». Le concept? Inviter à Montreux un comique du Web – le dernier était Jérôme Niel (La ferme Jérôme) – pour tourner des séquences diffusées sur le site et les réseaux sociaux du festival, éventuellement reprises par des télévisions. Intérêt pour le webcomique? L’accès à un public plus traditionnel et l’estampillage d’un festival reconnu. Intérêt pour le festival (et pour les télévisions)? L’assurance de voir ces vidéos «Festival de Montreux» reprises sur les sites ou pages ­personnelles du comique, et donc profiter d’une publicité massive auprès des jeunes publics. Les résultats sont là: depuis que le festival a toute une vie sur le Web, il fait salle comble.