– La première fois que vous avez vu la mer?

– Au Cap d'Agde. Je devais avoir 5 ans. L'émerveillement. Aujourd'hui, ça n'aurait plus la même saveur, on prend l'avion comme le train.

– Quelles vacances, cet été?

– Au chalet en famille, et à l'alpage. J'ai deux vaches sur l'alpage de Torrent dans le val d'Anniviers. C'est une vraie passion.

– Qui fait les valises?

– Ma femme. Et puis, si je m'y colle, ça fait toujours des histoires. Si on peut s'éviter des histoires…

– Pour vous, «loin», c'est où?

– Dès que je suis éloigné de ma famille. J'ai travaillé à Echallens, ça me paraissait loin.

– Vos premières vacances sans les parents?

– En Grèce, à Corfou, à 18 ans. Un très mauvais souvenir. J'étais parti avec ma compagne de l'époque… la déroute.

– Le sable: ça gratte, c'est doux ou c'est mille fois mieux que les draps?

– Ça gratte. Je ne suis pas du tout plage. Dans la mer cinq minutes, et après il me faut partir.

– Les vacances qui ont changé votre vie?

– Chaque année, elles changent un peu votre vie. Moi, elles me donnent envie de recommencer à travailler. Deux semaines, et je suis dans les starting-blocks.

– Slip ou short de bain?

– Short. Et tout nu dans le jacuzzi.

– Là où vous n'irez jamais?

– Ne jamais dire jamais. Mais peut-être là où les rites sont trop différents, où certaines traditions poussent à l'intolérance…

– Face à la mer, à quoi pensez-vous?

– Aux montagnes!

– Votre vie, aujourd'hui: vous êtes arrivé à destination, au décollage ou éternellement en transit?

A 39 ans, on est au décollage…

– Dans votre pharmacie?

– Ma femme est un peu parano. Pour notre safari au Kenya, on avait tout emporté, surtout pour les enfants. On est généralement bien assurés pour le rapatriement.

– Devoirs de vacances?

Mon carnet d'idées. Un croquis, une phrase, une émotion, je note tout. Vous savez, quand je suis en cuisine, je n'ai pas le temps de créer. Alors, je crée quand j'ai congé.

– Votre pire souvenir?

– Corfou! C'est le désert. Une grosse montagne toute sèche. On ne peut même pas se cacher derrière un arbre. Tout le monde faisait la fête. Et nous…

– La partie de votre corps qui profite le plus des vacances?

– Les jambes. J'adore le sport, je fais du vélo, de la course, des marches.

– Tout plaquer, maintenant. Pour quoi?

– Pour les vaches.

– La maison du bonheur, elle est comment?

– C'est notre chalet dans le val d'Anniviers. En dessus d'Ayer. Le vieux se marie avec le contemporain, il y a une belle terrasse. Et puis, j'ai une magnifique cuisine.

– Le dernier voyage…

– J'espère que j'atterrirai dans le monde des bons vivants.

– A part ça, vous digérez les poivrons?

– Je digère les poivrons pelés et cuits. Un peu moins le sang de bœuf au lait que j'ai goûté au Kenya. Cela dit, en général, les poivrons c'est de la garniture. Ce qui est important c'est le plat principal. Et quand c'est fait avec le cœur…