Prendre un bon départ, voilà ce que tout parent souhaite à sa famille pour la rentrée d'août. Mais ce Nouvel An de l'année scolaire n'est pas un jour férié: il faut démarrer et accélérer le rythme d'un coup, en respectant les grilles-horaires que l'on découvre le premier lundi ou mardi, à midi. Mères et pères échafaudent alors des plans de semaine en jonglant avec les contraintes de l'école et du travail, les tâches ménagères et l'administration, les loisirs et la santé. Et malgré toutes les bonnes résolutions des vacances, les réveils et les petits déjeuners sont souvent trop tendus, voire bousculés. Le ton monte vite, surtout vis-à-vis des enfants plus détendus en apparence que les adultes. On se quitte fâchés. Parfois, on file à l'anglaise. Bref, la tranche 6 h 30 – 7 h 30 est une zone sensible dans la vie des familles. Elle mérite attention. Nous avons demandé à un psychiatre, à une diététicienne et à une conseillère en communication comment améliorer la mise en route.

Post-it affectueux et…

Pour le psychiatre pour enfants Christophe Grandjean, l'idée d'un petit déjeuner rituel, avec réunion familiale genre pub pour céréales en flocons, est idéaliste, du moins en semaine. Il est frappé par le nombre croissant des enfants qui débutent leur journée seuls, parce que leurs parents sont déjà partis gagner leur vie. «La plupart des enfants se débrouillent bien. Tout seul ou avec un plus jeune enfant à charge, mais il ne faut pas sous-estimer l'anxiété que leur procure l'absence d'un adulte sur lequel s'appuyer si jamais.» Ce médecin suggère aux parents qui ne peuvent offrir la première heure du jour à leurs enfants de veiller à les soutenir de loin, par des signes rassurants: «Dire au revoir même s'il est endormi, rappeler le programme de la journée, laisser des miettes et un post-it sur la table avec un «A midi, bisous!», cela contribue à garder le lien. Même les ados aiment ça.»

…miettes de pain

Ce n'est pas Marie-Pierre Theubet, diététicienne au Service de santé de la jeunesse à Genève, qui contestera la place des miettes dans un bon début de journée. «De la vaisselle utilisée, des miettes, cela montre que quelqu'un est déjà passé par là et a pris le temps de boire et manger.» Et la diététicienne de rappeler que «la solitude a le plus souvent pour effet de couper l'appétit, chez les adultes comme chez les enfants». Or, un enfant qui va à l'école a besoin de manger l'équivalent d'un plat principal entre son réveil et la fin de la récré. Comme les enfants apprennent par imitation, c'est aux parents de montrer l'exemple en laissant des traces. «L'idéal serait de prendre au moins un chocolat ou un jus de fruits avec les enfants et de veiller à ce qu'ils emportent de quoi manger équilibré pendant la matinée.»

La séance-agenda

Passé le choc de la rentrée, une fois tous les horaires scotchés dans la cuisine, une planification s'impose. Marie-Claire Faggioli est conseillère en communication à Lausanne et auteur d'un cours de gestion du temps. Dès que les enfants possèdent leur propre agenda, il lui paraît utile d'organiser une «séance-agenda» par semaine, tous ensemble. «Chacun prend note des engagements des autres pour la semaine et communique les siens. On inscrit tout, le dentiste, la femme de ménage, qui promène le chien et quand, les invitations, etc.». Et quand les enfants sont de jeunes écoliers? Rien de tel qu'un «grand calendrier à l'américaine, avec beaucoup de place sous chaque date», suggère Marie-Calire Faggioli. Sur le marché romand, de tels calendriers, bien visuels, sont rares. En revanche, une association pour personnes malvoyantes en propose un (voir ci-dessous), tout à fait adapté à une fonction d'agenda des familles.

Pour en savoir plus, commander le livre «Je t'invite… Viens découvrir les aliments» auprès du centre de documentation OJ/PDJ/SSJ CP 3531, 1211 Genève.

Pour commander le calendrier 2000 de l'UCBA: 021/312 28 22.