revue de presse

C’est vendredi 13, jour noir pour les paraskévidékatriaphobiques

Bonheur ou malheur? Il y a un temps pour tout. La chance vous tente-t-elle? On ne vit qu’une seule fois; alors il vaut mieux la tenter, non? Bien sûr que si

A l’aube de ce 13 juillet 2015, il n’aura échappé à aucun paraskévidékatriaphobique que la date coïncide avec un vendredi. Alors pas de quartier: à l’instar du blog de Tambour Major, tétanisé à l’idée de pondre une revue de presse d'ac-tu-a-li-té à l’heure où cette dernière me parut quelque peu en berne, je décidai de m’atteler à ce sujet qui «revêt une importance de premier ordre». Et grâce à ça, vous pourrez «fanfaronner au bureau». Mais prenez garde: entraînez-vous d’abord à prononcer le mot «sans vous claquer les muscles de la langue»; et soyez conscients que le répéter toute cette sainte journée «peut rendre c…»

Taisez-vous dans le fond, le cours commence. Avec Le Huffington Post (LHP), qui doit bien constater que «remonter la piste des origines du vendredi 13 n’est pas une mince affaire. Un peu comme de savoir s’il doit porter chance ou malheur… Ce qui est sûr, c’est qu’il ne laisse pas indifférent.» Malgré les protestations que j’entends, là, au fond toujours! D’ailleurs, regardez ce qui se passe avec les loteries, explique France-Soir, pour lesquelles «le porte-malheur peut sourire aux chanceux». Quelle belle expression.

«Quand mon cœur le veut...»

Dans les jeux de hasard, il n’y a pas vraiment de règles, hein? Les faits sont avérés par un témoignage capital dans l’avancée de cette quête médiatique, recueilli pas la TNTV, en Polynésie française: «Une joueuse confie qu’elle ne joue pas forcément pour les grands événements. C’est avant tout une question de feeling: «Quand mon cœur le veut, je joue. Mais quand ça ne me dit rien, alors je ne joue pas… Il y a un temps pour tout, si cette chance te tente… Tu ne vis qu’une seule fois… alors il vaut mieux la tenter.». Ben oui, quoi.

A ce propos, de toute manière, il y a quand même des cas. Existants. Prouvés. Le Parisien a ressorti de ses archives «les histoires incroyables des derniers gagnants ayant raflé la mise en ce jour si particulier», c'est dire. Et le site Sudinfo a trouvé LE truc génial: grâce à son test, il détermine «si vous pouvez plutôt jouer à la loterie ou juste rester caché sous votre couette». C’est évidemment infaillible. Et du belge, donc c’est bon.

Judas, 13 à table, etc.

En attendant, «vous ne savez plus quoi croire», avouez. C’est normal. Alors reprenons depuis le début. Dans la chrétienté (mais pas que), «le 13 a mauvaise réputation depuis que Judas l’a trahi (en même temps que le Christ). En se joignant aux 11 apôtres attablés, celui qui devait dénoncer Jésus aux Romains porta un coup durable à la réputation du 13e invité. De nos jours encore, une tablée de 13 personnes n’inspire pas confiance…» Voilà pour l’histoire. Pardon, avec un grand H.

Passons aux statistiques. Le contraire serait rigolo, mais hélas, «rien ne permet de prouver qu’un vendredi 13 soit un jour de déveine plus qu’un autre. Ils ne sont ni plus rares, ni plus fréquents, avec 688 occurrences au cours des 400 dernières années, pile dans la moyenne.» Mince. Consolation: cela fait plusieurs heures que des tas de médias – dont Euronews – nous disent que ce «vendredi 13, un ovni va entrer en collision avec la Terre». Ce devrait déjà être fait, au large du Sri Lanka. On est sans nouvelles.

Le jour des assureurs

Malgré tout, LHP écrit encore que «les comportements s’en trouvent bel et bien modifiés, jusque pour les esprits les plus rationnels». D’après une étude de la University of Chicago Booth School of Business repérée par le site ScienceDaily, «superstition et rationalité peuvent très bien cohabiter». Certains en profitent: selon le très sérieux Telegraph britannique, «les assureurs enregistrent moins d’accidents domestiques et sur la route les vendredis 13. De peur d’en avoir un, tout le monde se montre plus prudent.»

Est-ce que c’est pas dingue, ça?

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