Consternation: la nappe de glace du pôle Nord fond. Lors de récentes prospections dans l'océan Arctique, mentionnées dans l'International Herald Tribune du 21 août, des chercheurs ont mis en évidence que l'épaisseur des couches de glace a sensiblement diminué, au point que, par endroits, il ne reste que de l'eau.

James McCarthy, océanographe au Muséum de zoologie comparée de l'Université de Harvard, affirme qu'il y a six ans les brise-glace rencontraient des couches épaisses de 1,8 à 2,7 mètres. Aujourd'hui, ils naviguent dans une glace si fine que le soleil filtre à travers et que du plancton s'y développe. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on observe des trous dans la glace au pôle Nord, certains dépassant même 1,5 kilomètre de diamètre. «C'était tout à fait inattendu», dit-il. Un autre chercheur, Malcolm McKenna, du Musée d'histoire naturelle de New York, confirme les faits: en approchant du pôle, à Spitzberg en Norvège, son navire traversait de fines couches de glace et de l'eau, en alternance. De plus, les chercheurs ont observé des mouettes qui n'avaient jamais été répertoriées dans le Grand Nord.

Les recherches comparatives effectuées par l'Institut Goddard de science spatiale, un centre de recherche de la Nasa à New York, démontrent qu'entre les années 50 et 90, la nappe de glace recouvrant le bassin total de l'Arctique s'est amincie de 45%.

Ces observations ravivent le débat sur le réchauffement de la planète. Un réchauffement qui n'a rien d'anodin si l'on considère qu'en un siècle, on accuse une augmentation de la température moyenne de la surface de la Terre de plus de 0,5° C, avec une accélération de ce phénomène durant le dernier quart de siècle.

Un chiffre significatif si l'on tient compte du fait que la différence entre la température moyenne de notre ère et celle de la dernière ère glaciaire (il y a environ 20 000 ans) n'est que de 1,3 à 2,3° C.

La querelle entre le monde scientifique et les sphères économique et politique se ranime, lorsqu'il s'agit de déterminer si cette tendance à la hausse procède d'une fluctuation naturelle ou de l'émission de gaz liée à la production industrielle.

Parmi les gaz mis en cause dans le phénomène d'effet de serre, les scientifiques modulent leurs arpèges: des gaz tels que le méthane, les chlorofluorocarbures (CFC), les particules de diesel ou de suie de charbon sont aussi responsables de l'effet de serre, à l'instar du CO2. S'il est difficile de limiter les émissions de CO2 qui résultent de la dégradation de tous les combustibles fossiles, il est en revanche possible et urgent de contrôler et de restreindre l'émission de ces autres gaz.