Dans l'ouest des Etats-Unis, où près de 2280 millions d'hectares ont brûlé depuis le début de l'année, les 20 000 à 25 000 pompiers luttant toujours contre les incendies sont au bord de l'épuisement, rapportait jeudi soir le Centre national d'information sur les incendies. Deux prisonniers de 26 et 28 ans, pompiers volontaires, ont trouvé la mort mercredi dans l'Utah, frappés par la foudre qui ne fait qu'ajouter de l'huile sur le feu.

Comme si le drame de la côte Ouest ne suffisait pas, le feu embrase maintenant le sud de l'Europe. En Grèce, 126 foyers ont éclaté jeudi sur l'ensemble du pays et la ministre de l'Intérieur, Vasso Papandréou, a qualifié la situation de «très grave» en Epire, le long de la frontière albanaise, et en Arcadie, dans le centre du Péloponnèse.

Les causes de ces violents incendies de fin d'été sont identiques à celles d'Amérique du Nord: les conditions sont exceptionnelles, de très forts vents secs se combinant avec des températures qui dépassent de 30% la moyenne des vingt dernières années: la Grèce attend une vague de chaleur culminant à 37° ce week-end. Ces éléments rendent les forêts de pins des montagnes particulièrement vulnérables aux incendies.

Vendredi à la mi-journée, sept personnes âgées y avaient trouvé la mort. Les corps carbonisés d'un couple ont été retrouvés dans la cour de leur maison, dans le village d'Agia Marina. Le front de l'incendie s'étend sur plus de 30 kilomètres et a déjà ravagé 5000 hectares de forêts, brûlant au passage plusieurs habitations et du bétail. Deux cents pompiers, épaulés par vingt-cinq véhicules, quatre avions et deux hélicoptères, se trouvent sur les lieux. Trois cents autres pompiers grecs combattent également le feu dans la région de Mégapolis, à 150 km au sud-ouest d'Athènes, où se trouve une centrale hydroélectrique. Mais les autres régions du pays ne sont pas mieux loties: des incendies font rage sur le mont Mainalou, près de Prévéza dans l'ouest du pays, sur les îles de Naxos dans les Cyclades, de Zakynthos en mer Ionienne, de Skiathos et de Chio, en mer Egée.

«L'aide demandée aux pays étrangers n'est pas envisageable en raison des incendies qui sévissent ailleurs en Europe», a dit la ministre de l'Intérieur. En effet, l'état de catastrophe naturelle a été déclaré dans la région de Split, en Croatie, où un jeune homme de 18 ans a trouvé la mort alors qu'il apportait son aide aux pompiers. Seul l'Etat d'Israël a été capable d'envoyer en Grèce deux hélicoptères, un avion-cargo et 60 hommes.

Cinq cents hectares ont brûlé dans le centre de la Corse où les pompiers luttaient toujours, dans une région montagneuse de l'île dont l'accès est rendu particulièrement difficile. Cet incendie suit la carbonisation de 500 hectares de maquis dans la région d'Ajaccio. Cependant, les pompiers y avaient relevé de nombreux foyers déclenchés simultanément, laissant supposer une origine criminelle des feux.

Et les flammes menacent également tout le sud de l'Italie, où 66 000 hectares ont brûlé depuis janvier. Des Abruzzes à la côte d'Amalfi, ainsi qu'en Sicile et en Sardaigne, les pompiers doivent affronter les flammes, sans que les prévisions météo ne laissent présager une accalmie.