Des aplats de colza coiffés, sur l’horizon, de bâtiments en béton. Une palette de tracteurs rouges, verts, bleus, le plus souvent accompagnés d’un paysan. Seul. Dans la grisaille vaporeuse des matins hivernaux, comme sous des ciels estivaux d’un azur trop net, les fermes et leurs habitants dessinent un panorama aussi beau que grave.

Ce sont les captures du photographe genevois Patrick Gilliéron Lopreno qui, durant une année, a promené son objectif de ferme en ferme, de la campagne vaudoise au Seeland, en passant par Fribourg et sa Gruyère, au cœur d’exploitations de petite à moyenne envergure. Son travail est désormais valorisé à travers un ouvrage: Champs (Ed. Olivier Morattel). La paysannerie dans le champ photographique, et un chant de quatre saisons, à trois voix: la sienne, celle de l’écrivain Slobodan Despot qui y joint sa prose, et celle du monde paysan suisse, particulièrement agité ces derniers temps par les initiatives qui entendent le rendre plus vert. Entretien.