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Pourquoi les chatouilles nous font-elles rire? et autres questions curieuses

Pendant l’été, «Le Temps» se pose des questions aussi évidentes que complexes

■ Pourquoi les chatouilles nous font-elles rire?

Les chatouilles ont la particularité de provoquer chez certains une crise de fou rire et l’incontrôlable envie de se tortiller pour y échapper. Cette réaction un peu étrange, appelée gargalesis, serait en fait un vieux réflexe de survie, plutôt proche de la panique. A la suite d’un stimulus, les terminaisons nerveuses envoient un signal électrique dans une zone du cerveau qui influe sur la production de sérotonine, ce neurotransmetteur agissant sur le système nerveux central et induisant différentes actions, notamment dans la régulation de certains comportements comme l’humeur ou l’émotivité.

Nous nous mettons à nous esclaffer, car la zone responsable de nos réactions émotives est activée. En analysant de plus près ces comportements, les scientifiques ont découvert que les chatouilles stimulaient également la partie du cerveau qui gérait la peur. Le rire serait donc un moyen de défense, entre plaisir et douleur.

Notons qu’il est impossible de se chatouiller soi-même, à moins de souffrir de schizophrénie, et il s’agirait alors là d’un des nombreux symptômes de ce trouble mental. Et si certains sont plus chatouilleux que d’autres, les scientifiques en ignorent encore la cause.

Mais d’autres animaux que les humains sont-ils sensibles au chatouillement? Les chiens et les chats, par exemple, retirent leurs pattes lorsqu’on les grattouille entre les coussinets. Mais ce n’est pas sûr que cette manipulation les chatouille réellement, leur réaction signifiant peut-être seulement que le geste leur est très désagréable. Pour être certain qu’ils sont chatouilleux, il faudrait qu’ils réagissent comme un être humain, c’est-à-dire qu’ils se mettent à rire…
Quant à l’origine du terme «guili», il s’agit d’une création onomatopéique qui viendrait de l’hébreu guili, «ma joie».

Pour en savoir plus, en vidéo:

■ Pourquoi dit-on «merde» pour souhaiter bonne chance?

Au théâtre, il ne faut surtout pas souhaiter «bonne chance» aux comédiens! Ce serait la meilleure façon d’attirer un malheur.

Vers la fin du XIXe siècle, ces derniers ont inventé un subterfuge pour s’encourager mutuellement avant leur prestation: se souhaiter «de grosses merdes». Les spectateurs, souvent des bourgeois ou des aristocrates, se rendaient aux représentations en calèche. Plus il y avait de monde dans la salle, plus il y avait de crottin de cheval devant le théâtre. Le crottin était donc synonyme de succès.

En Angleterre, on dit «break a leg», ce qui signifie «casse-toi une jambe». Une des multiples hypothèses liées à cette expression est qu’à la fin du spectacle les comédiens plient leur jambe ou la «cassent» pour saluer les spectateurs. Ainsi, «break a leg» serait une façon de souhaiter de nombreux applaudissements qui multiplieraient les saluts.

■ Pourquoi n’existe-t-il pas d’aliment bleu?

Quelle meilleure saison que l’été pour composer des salades de toutes les couleurs? En cherchant bien, à part le fromage bleu ou les fleurs bleues comestibles, il semblerait qu’il n’existe pas d’aliment de couleur bleue (les myrtilles sont violettes).

Si cette tonalité est plutôt rare chez les végétaux, c’est qu’elle représente celle du spectre possédant l’énergie la plus élevée (fréquence la plus courte et la plus haute). Ayant besoin d’énergie, les plantes absorbent cette couleur pour se développer plus efficacement.

La couleur verte est due, quant à elle, à la chlorophylle. Ce pigment essentiel à la photosynthèse n’absorbe pas les radiations vertes, c’est pourquoi beaucoup de végétaux apparaissent ainsi. Les autres couleurs que l’on retrouve principalement dans la nature sont dues à d’autres pigments: les caroténoïdes (jaune-orange) et les phycobiliprotéines (rouge).

■ Pourquoi observe-t-on une minute de silence?

Elle a été observée pour la première fois en France, le 11 novembre 1919. Le gouvernement dirigé par le président de la République Raymond Poincaré entendait célébrer le premier anniversaire de l’armistice. Une loi a été votée le 25 octobre de la même année pour rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale. Et en 2012, il a été décrété qu’à chaque 11 novembre il soit rendu hommage à tous les «morts pour la France, d’hier comme ceux d’aujourd’hui, civils et militaires».

Cette minute de silence, que certains appellent la «minute laïque», remplace la prière afin de rassembler les gens de toutes les croyances. Elle s’est répandue dans le monde et se pratique le plus souvent lors des deuils nationaux décrétés par les autorités. Le but est d’adresser ses pensées aux victimes de catastrophes naturelles ou humaines notamment. Petite variante dans les pays anglophones: ce n’est pas une minute de silence qui est observée, mais deux. L’une est pour les morts, l’autre pour les survivants.

Un exemple ce printemps: La Belgique observe une minute de silence un an après les pires attentats de son histoire

■ Pourquoi… do, ré, mi, fa, sol, la, si?

Les syllabes que nous connaissons ont été extraites d’un hymne à saint Jean-Baptiste: «Ut queant laxis, Resonare fibris, Mira gestorum, Famuli tuorum, Solve polluti, Labii reatum, Sancte Iohannes.» Ce qui signifie: «Afin que tes serviteurs puissent chanter à gorge déployée tes accomplissements merveilleux, ôte le péché de leurs lèvres souillées, saint Jean.»

C’est le moine bénédictin et théoricien italien Guido d’Arezzo (990-1033) qui est à l’origine de cette invention. Après avoir constaté les difficultés qu’éprouvaient les moines à mémoriser le plain-chant (chant monodique religieux jusqu’alors appris par imitation du maître), il a provoqué une véritable révolution musicale. Sa nouvelle méthode de notation permettait de mieux mémoriser les intervalles des notes. Le «si» n’a quant à lui été introduit qu’au XVIe siècle par Anselme de Flandres, musicien flamand. Et pour faciliter la prononciation de la gamme, «ut» a été remplacé par «do» à la fin du XVIIe siècle.

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