la vie en courant (5)

«Le chemin emprunté pour y parvenir»

Aujourd’hui «Le Temps» court avec Laurent Seydoux, vice-président des vert’libéraux. Un «moment de recul» pour cet hyperactif genevois à casquettes multiples

La vie en courant (5/5)

«Le chemin emprunté pour y parvenir»

Aujourd’hui, «Le Temps» court avec Laurent Seydoux, vice-président des vert’libéraux

Un «moment de recul» pour un hyperactif à casquettes multiples

A quelques dizaines de mètres de l’Auberge de Compesières, la vue à 360 degrés est simplement… magnifique. La ville de Genève et le lac à l’horizon, Plan-les-Ouates et sa zone industrielle en contrebas. En face, la colline de Bernex, le Mandement et, au-delà, la chaîne du Jura. Dans le dos, la commanderie de Compesières et le Salève.

Intersection du chemin de la Vironde et du chemin de Plein-Vent, commune de Bardonnex. C’est là, entre le vert des prés et le jaune des champs de céréales, que Laurent Seydoux, vice-président suisse des vert’libéraux, t-shirt aux couleurs du parti, et le photographe ont convenu de se retrouver. Laurent Seydoux sous-titre la scène: «Ce lieu incarne le message des vert’libéraux: l’environnement, le cadre de vie, la durabilité et l’équilibre entre les aspects environnementaux, sociaux et économiques.»

Ce lundi soir, comme il le fait presque trois fois par semaine, et jusqu’à cinq fois en phase de préparation d’un marathon, Laurent Seydoux, 47 ans, quitte les bureaux de l’entreprise d’informatique de gestion de données qu’il a créée il y a 25 ans (Lysoft, sept collaborateurs) et accomplit sa sortie «running».

Entre deux averses, le parcours, réduit à 7,5 kilomètres en raison des intempéries, passe devant son domicile tout proche et emprunte la route de Saconnex-d’Arve. Faux plat montant mais foulée alerte pour l’ancien spécialiste du sprint (100 et 200 mètres au niveau national) qui s’est peu à peu converti, la quarantaine approchant, aux plus longues distances, aussi «par souci d’avoir une bonne hygiène de vie». Le grand saut après le parcours annuel de l’Escalade a été la Course du Duc, cuvée 2007; 17 kilomètres entre Reignier, en France voisine, et la Vieille-Ville de Genève.

L’appétit des kilomètres est venu en mangeant: Tour du canton, Morat-Fribourg, semi-marathon de Genève, Grand Prix de Berne et, en 2010, un premier marathon à New York. Deux ans plus tard, en 2012, il remet l’ouvrage sur le métier, affûte sa forme au fil des semaines – 800 kilomètres d’entraînement –, mais l’ouragan Sandy annule le rendez-vous alors qu’avec des milliers de coureurs accourus dans la Mecque du marathon, il était déjà au rendez-vous de Big Apple. Déception puis remobilisation trois semaines plus tard, à Florence, la ville de Matteo Renzi, où il accomplira les 42,195 km en 3h56, record personnel.

Ancien président du Stade Genève, le club d’athlétisme phare du canton, chef d’entreprise, président des vert’libéraux genevois, futur candidat au Conseil administratif de Plan-les-Ouates – il a déjà été deux fois maire de cette commune qui compte plus de 10 000 habitants –, vice-président national, membre du comité de l’Initiative des Alpes, producteur de la chanteuse finaliste de The Voice 2012 Aude Henneville, Laurent Seydoux déborde d’énergie et de projets, multiplie les casquettes. Comment parvient-il à gérer tout cela avec la course à pied? Grâce, dit-il, à quelques traits de sa personnalité: rapidité de compréhension et de décision, capacité de synthèse, sens de l’organisation, proximité bureau-famille, vie saine. Et, ajoute-t-il, pragmatique, «une heure pour une bonne séance d’entraînement de course à pied, c’est plus facile à caser».

Mais au fait, pourquoi courir? «D’abord, c’est un moment pour moi, du temps consacré pour soi. J’apprécie d’être seul dans ces sorties. C’est un moment de recul, où les idées se mettent en place. Un moment de communion avec la nature. Egalement un effort physique qui crée une autre forme de fatigue, plus saine que les tensions nerveuses, différente de la fatigue psychologique. Je veille à ne pas aller au-delà de mes forces, à m’entraîner sans risque de blessures avant ou pendant la compétition. Si dans d’autres domaines cela peut être différent, dans la course à pied, je ne suis pas dans la performance. Je vise avant tout le bien-être.» Sur un ton presque philosophique, Laurent Seydoux aime à dire: «Le plus important, ce n’est pas le but, le record chronométrique. C’est une motivation, certes, mais c’est surtout le chemin emprunté pour y parvenir qui est enrichissant; la manière ­d’atteindre l’objectif, la rigueur de la préparation, l’investissement comptent davantage.»

«S’investir, être immergé», les mots reviennent régulièrement entre Compesières, Arare et Plan-les-Ouates, que Laurent Seydoux parle de politique, d’emplois de proximité, de cleantechs ou de Ferroworld, le «Davos du rail», qui aura lieu à Genève en 2015. De l’investissement, il y en aura aussi beaucoup avec son prochain grand objectif en course à pied: le Marathon d’Amsterdam, agendé le 19 octobre, après les étapes préparatoires que seront la Course du Mandement, le Semi de Jussy et Morat-Fribourg.

«Si dans d’autres domaines cela peut être différent, dans la course à pied, je ne suis pas dans la performance»

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