Une préposition, ce qui était un brin général et tordu, pour compliquer le jeu; et une affection du système respiratoire. Notre charade d’hier débouche sur le pronom «qui», et l’asthme; ou le «chiasme». Le terme de rhétorique n’a certes pas un abord engageant, ce «chiasme» qui semble exhaler de tristes remugles. Il renvoie pourtant à une technique subtile, voire complexe. Le Trésor de la langue française le définit comme une «figure de style consistant à inverser l’ordre des termes dans les parties symétriques de deux membres de phrase de manière à former un parallèle ou une antithèse». A titre d’exemple, le Trésor cite l’amusante expression «c’est bonnet blanc et blanc bonnet». Plusieurs sources mentionnent aussi la sentence «il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger».

Il y a donc, a priori, usage de termes identiques, le sens de l’affirmation reposant sur leur inversion. «Chiasme» émane d’ailleurs du symbole grec illustrant la croix. Le Littré, qui ne mentionne pas cette acception, évoque une «croix mise en marge des manuscrits, en forme de x, et indiquant un passage désapprouvé», ainsi que l’usage du terme en anatomie.

L’une des nombreuses chicanes du mot réside dans la dernière partie de la définition du Trésor, «de manière à former un parallèle ou une antithèse». Dans un article un peu documenté, Wikipédia schématise au moyen de la forme ABBA, qui serait le vrai chiasme («Il faut manger pour vivre…»), à distinguer du ABAB, structure du parallélisme. Les experts en débattent sans doute encore.

Et pour notre dernier mot de la semaine? Charade! Mon premier est un prénom d’origine hébraïque, porté par exemple par une joueuse de tennis qui fait tourner les têtes autant que les balles; mon deuxième a tout d’une gorge; mon troisième précédait le la; et mon tout donne dans la rupture…