Qui promènera Médor pendant votre absence, qui lui servira ses croquettes préférées? Le casse-tête est désormais résolu grâce à la plateforme «Petsitting24» qui propose pléthore de nounous disposées à prendre soin de votre animal de compagnie. Photos de profil, intérêts, expériences professionnelles ou encore localisation: tout fonctionne comme sur un site de rencontre. Sauf qu’il s’agit là de connecter un animal à quatre – ou deux – pattes avec son futur petsitter. Pour faire son choix sur le site, le client devra tout de même débourser une quarantaine de francs pour un abonnement mensuel, en plus des tarifs de garde qui varient entre 10 et 25 francs de l’heure. Un «gage de sérieux» selon la société mère Lemonfrog – déjà active sur le marché des baby-sitters, des femmes de ménage et des tuteurs – qui vise ainsi à se démarquer des sites de petites annonces fourre-tout.

Profils variés

Retraités, étudiants ou mères au foyer: sur le site, les profils varient. Tout comme l’expérience en matière d’accompagnement animalier. On trouve des esthéticiennes canines et des ostéopathes, mais aussi des passionnés, pour la plupart eux-mêmes propriétaires d’animaux. Chacun peut donc faire son marché en espérant trouver chaussure à son pied. «Créée en 2008, la plateforme réunit actuellement quelque 17 000 petsitters et 10 000 propriétaires issus de toute la Suisse», commente Christophe Seitz, chargé de communication. Pourquoi un tel engouement? «Au-delà du côté pratique, les clients recherchent l’aventure, la rencontre inattendue. Certaines personnes offrent même leurs services sans salaire.»

Des caméléons aux chinchillas

Hormis les très communs chiens et chats, d’autres bestioles plus insolites cherchent elles aussi à se faire chouchouter: serpent, caméléon, chinchilla ou encore tortues et canaris. Pour une heure de balade hebdomadaire ou deux semaines de vacances. En plus des commentaires qui recensent les bonnes ou mauvaises expériences, un système d’étoiles permet aux gardiens les plus zélés de se distinguer. Une fois mis en contact, le client et le petsitter conviennent entre eux des modalités de garde. «Il s’agit alors de leur responsabilité», précise Christophe Seitz. Quid des cas de maltraitance? «Ils sont très rares, à peine à un ou deux par années. Lorsque cela se produit, la police prend le relais.»

En plus de ses deux labradors, Christine s’occupe actuellement d’une petite caniche âgée de 15 ans. «Elle tousse beaucoup, j’ai rendu les propriétaires attentifs. Ils sont conscients des risques, cela fait partie des points dont l’on discute lors de la première rencontre.» A 43 ans, cette ancienne assistante vétérinaire fréquente assidûment le site depuis deux ans, et la plupart de ses clients sont des habitués. Dans sa propriété de la région genevoise, elle a gardé jusqu’à six chiens à la fois. Des Jack Russel, des golden, des Shar Pei ou encore des bergers des Pyrénées. Une manière de garder un lien avec son ancien métier.

Chez moi, les chiens découvrent un environnement nouveau, jouissent de l’espace et sociabilisent avec d’autres animaux

«Je vois tout de suite si la cohabitation entre l’animal que j’accueille et mes chiens va être possible», explique-t-elle. Carnet de santé, nourriture et éventuel coussin si le chien est stressé: l’animal n’est pris en charge qu’avec tout son matériel. Une fois le contact établi, ce n’est «que du bonheur». Et une surveillance au quotidien. «Chez moi, les chiens découvrent un environnement nouveau, jouissent de l’espace et sociabilisent avec d’autres animaux (ndlr: elle possède également des animaux de basse-cour). C’est un peu comme une colonie de vacances.» Et pendant que les chiens s’ébattent ensemble, les propriétaires, eux aussi, tissent des liens. «Un repas est prévu tout bientôt.»