D'ici à «quelques jours», Pékin devrait publier sur une base quotidienne le nombre des cas de pneumonie atypique dans chacune de ses provinces. Une délégation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) composée de cinq spécialistes a obtenu hier cette assurance de la part du Ministère chinois de la santé après une semaine de consultation. «Les autorités chinoises veulent jouer la franchise et l'ouverture, a indiqué à la presse John Mackenzie, qui dirige l'équipe de l'OMS. Ils veulent intégrer le réseau mondial de contrôle de la maladie.»

Les experts de l'OMS, contrairement à ce qu'affirme Pékin, estiment qu'il est prématuré de dire que le virus est sous contrôle. Ils s'attendent à ce que de nouveaux cas apparaissent lorsque l'on aura clairement identifié la maladie et que l'on s'accordera sur la «définition des cas». On peut toutefois affirmer aujourd'hui que le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) observé dans plusieurs pays et la pneumonie atypique décrite en Chine ne font qu'un et que le virus a son origine dans la province chinoise du Guangdong, plus précisément dans la ville de Foshan.

Origine probable: l'animal

La délégation de l'OMS a demandé hier l'autorisation de se rendre dans cette province pour mener ses recherches. Il est «très probable» que le virus soit du type «corona» et que son origine vienne de l'animal. Les chercheurs précisent toutefois que l'on ne possède pour l'heure qu'une partie des éléments du puzzle permettant de se faire une image complète de la maladie et du moyen de la diagnostiquer. Elément positif, indique John Mackenzie, le SRAS est moins contagieux que la grippe: «Mais la situation est très sérieuse.» Le virus a déjà tué plus de 50 personnes dans 14 pays. La majorité des cas se trouvent en Chine (plus de 800). Toutefois, les statistiques chinoises n'indiquent pour l'instant que l'état de la situation à fin février et dans une seule province.

On peut craindre que les promesses de Pékin ne tardent à se traduire dans les faits. Ainsi, vendredi, l'OMS annonçait quatre nouveaux cas dans la ville de Shanghai, à l'est de la Chine. Une information que démentaient toutefois les autorités médicales de cette ville. A Pékin, tout le personnel hospitalier ainsi que les patients des hôpitaux 302 et 309 – spécialisés dans les maladies contagieuses et pulmonaires – ont l'obligation de porter un masque. Sur place, les médecins confirment que des cas existent, mais refusent de donner des chiffres. La presse de la capitale – où il y a eu trois morts – accorde très peu de place à la maladie et conseille simplement d'ouvrir les fenêtres ou de se laver les mains en cas de doute. Les chauffeurs de taxi ont reçu la consigne de désinfecter leur véhicule.