Ce que le jour doit à la nuit, Christiane Taubira le sait bien. Avant de devenir un personnage phare de la scène politique française, l’enfant guyanaise née dans une fratrie de 11 et élevée par une mère célibataire a affûté son vocabulaire précis et tranchant dans les livres pendant que les autres dormaient. Elle est depuis devenue la femme politique à qui la France doit la loi sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime de l’humanité et le mariage pour tous. Mais elle est aussi à ses heures nocturnes écrivaine, poétesse et mélomane. Et en visite en Suisse. C’est à l’invitation du festival afro-féministe Black Helvetia que l’ancienne ministre de la Justice participera à une table ronde à La Chaux-de-Fonds samedi soir. Elle revient pour Le Temps sur ses souvenirs d’enfance, la confrontation au racisme, et sur l’état de la gauche française.