Le 15 août pour les Jurassiens et les Neuchâtelois. Le 18, pour les Valaisans. Le 22, pour les Genevois et les Vaudois. Et le 25, pour les Fribourgeois. Si, en Suisse romande, le coup d’envoi de la rentrée des classes est disparate, tous les parents partagent la même préoccupation: que les enfants réussissent et soient contents. Laurent Picault, coach scolaire et fondateur d’Educoaching à Genève, liste les cinq bonnes attitudes à adopter pour que ce scénario se réalise. Cadrage, organisation du temps, surveillance, créativité et devoir de s’informer sont au programme. A vos cahiers!

1. Le cadrage

D’instinct, l’enfant n’aime pas le cadre et développe d’incroyables stratégies pour en sortir. Les parents doivent donc avoir une autorité suffisante pour rappeler les limites et les appliquer, commence Laurent Picault. Quels sont les domaines particulièrement délicats? Les devoirs à la maison et la relation aux autres élèves, répond ce titulaire d’un master d’enseignant du second degré. En matière d’astuces pour échapper aux devoirs, «certains proposent même de plier la lessive pour ne pas faire de maths, c’est dire!» Les petits malins prolongent aussi indéfiniment le goûter ou rejoignent les copains pour jouer dix minutes qui deviennent trois quarts d’heure… Face à ces stratégies d’évitement, les parents doivent rappeler le cadre sans flancher ou craindre l’impopularité.

Pareil pour la relation avec les copains et copines de classe. Si un parent sent que son chérubin déborde et est susceptible d’agresser les autres, il est bon qu’il questionne très vite l’enseignant à ce sujet pour éviter que la situation ne dégénère. «Pourquoi ne pas inscrire d’entrée son enfant à un sport de combat pour canaliser cette énergie?» questionne le coach, qui est aussi maître praticien en PNL (programmation neurolinguistique) et en hypnose ericksonienne.

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2. L’organisation du temps

Le calendrier est un allié de l’organisation domestique. Il permet de poser par écrit le temps consacré aux devoirs et celui dévolu à d’autres activités. «Ainsi, lorsque l’enfant a piano, le mardi, il est convenu qu’il étudie moins ce jour-là et s’il a interro d’allemand, le mercredi, les parents sauront qu’il devra commencer à réviser dès le lundi», illustre le spécialiste.

A propos d’activités extrascolaires, Laurent Picault préconise de les limiter à deux par semaine, si possible une artistique et une sportive. «Au-delà, l’enfant est surchargé.» Et surtout, il est important que ce dernier «ressente cette activité profondément, sinon c’est du temps gâché».

Le temps libre est primordial. «Ce serait idéal que le mercredi matin de congé des plus jeunes élèves demeure vide pour que les petits se reposent des deux premiers jours de la semaine.» Il est très important aussi que les parents prennent du temps de qualité avec leurs enfants. «Les repas en famille le soir et les sorties, le week-end, permettent d’instaurer la confiance dans les relations.»

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3. La surveillance

Ce conseil est très simple, mais essentiel, sourit Laurent Picault. Les parents doivent veiller à ce que le matériel de leur enfant soit complet et en bon état. «Un kit de géométrie endommagé nuit à l’apprentissage et à l’estime de soi», observe le spécialiste.

D’autre part, les parents sont invités à vérifier de temps en temps ce que junior a retenu de sa journée d’école, si et comment il se souvient des contenus. «Mais, attention, le repas du soir ne doit pas virer à l’interrogatoire! Il s’agit juste de voir si les enfants sont actifs ou passifs face à l’enseignement.»

4. La créativité

«Avec ce conseil, on aborde une attitude de vie en général», annonce le coach. «Puisque les parents sont des modèles, plus ils sont créatifs, positifs, tolérants et à l’écoute, plus les enfants ont des chances de réussir leur cursus scolaire.» C’est que ces qualités garantissent une gestion distanciée des problèmes et donnent à l’élève les moyens de mieux réagir face aux contrariétés.

Les parents ne doivent pas hésiter non plus à rire et à pratiquer le second degré. «L’humour est une baguette magique, assure Laurent Picault. Si un élève positif et rieur se sent plus manuel qu’intellectuel, il sera fier d’aller en apprentissage, même si cette filière est, à tort, peu valorisée par les autorités scolaires.»

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5. Le devoir de s’informer

Trop souvent, les parents jugent l’école avant de la connaître. «Chaque parent a le devoir de lire les circulaires et, si besoin, de poser des questions sur le fonctionnement de l’établissement, le système pédagogique, les programmes, etc. Régulièrement, les parents veulent interférer dans les contenus, les systèmes de notation ou la manière d’enseigner alors qu’ils n’ont aucune expertise en la matière.»

Cela dit, si un problème devient lancinant ou collectif, le débat avec l’école doit être possible, tempère le coach. «Et là, j’ai aussi vu des enseignants fermés au dialogue alors que toute une classe se soulevait.»

Mais, généralement, les parents se projettent excessivement dans le parcours scolaire de leur progéniture. «Même s’ils ont connu des difficultés à l’école eux-mêmes, ils ne doivent pas reporter cette angoisse. Je préfère mille fois une réunion de trop avec un enseignant qu’une parole dénigrante qui pollue la trajectoire de l’enfant.»

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