Louis Knie garde espoir: le Cirque national autrichien, mis en faillite l'année dernière, est presque sauvé. Son fils Louis Knie Junior a acheté les biens du cirque, mis aux enchères lundi par l'Etat autrichien. Les animaux devaient quant à eux être vendus mardi au prix du marché. Devant les critiques de certaines associations de protection des animaux contre les méthodes de dressage du cirque – elles ont même exprimé la volonté d'acheter la ménagerie afin de placer les bêtes dans un zoo –, l'administrateur de la faillite a annoncé qu'il choisirait lui-même entre les différents acheteurs.

Lundi, c'est dans le quartier d'hiver du cirque, à Schlosshof, dans la banlieue de Vienne, qu'est tombé à 13 h 30 le dernier coup de marteau. Une foule dense a fait le déplacement. Aucun acheteur pourtant. Les quelque 200 spectateurs présents sont pour la plupart des sympathisants de la cause de Louis Knie. C'est donc sans difficulté que chapiteau, voitures, camions, mobilier et différents dispositifs de levage ont été adjugés pour près de 334 000 francs à un certain Groupe pour le sauvetage du Cirque national autrichien, mené par Louis Junior. Si ce dernier parvient à acquérir la ménagerie, il y a de fortes chances que le cirque débute sa saison comme prévu le 10 mars. Les dettes accumulées sous le règne du père s'élèvent à 4,45 millions de francs, pour un actif estimé à 423 000 francs. Une bonne affaire pour le fils Knie s'il réussit à relancer les activités du cirque.

Brouille avec les Knie de Suisse

Lorsqu'en 1993, il achète le Cirque national autrichien, Louis Knie, cousin de Rolf et fils de Rolf Senior, reprend une institution en ruine. Brouillé avec sa famille – qui ne lui donne pas, à son goût, la place qu'il mérite –, il espère en Autriche diriger un cirque digne de celui de ses pairs. A la somme d'achat de 1 million de francs, il ajoute une série d'investissements importants. Résultat après sept ans: un chapiteau de 2000 places (le cirque Knie en compte 700 de plus), 60 animaux, 50 roulottes, une centaine de collaborateurs et presque 4 millions et demi de dettes.

Louis Knie avoue lui-même être un très mauvais administrateur. «J'ai appris tous les métiers du cirque grâce à Rolf et Fredy Knie, sauf celui de marchand», affirme-t-il. Selon lui, ses dettes seraient dues essentiellement aux tournées à l'étranger, notamment l'année dernière en Hollande. «Aucune représentation n'a été rentable», déclarait-il à la presse. Pour beaucoup de gens présents lundi dans la foule, les responsables, ce sont les sanctions de l'Union européenne contre l'Autriche.