Il y avait les dictionnaires, lourds et encombrants, les répertoires complexes ou techniques… L'idée printanière des éditions françaises Zulma, c'est d'avoir conçu, pour chaque prénom, un petit ouvrage de poche pratique et fourmillant d'informations originales de nature historique, géographique, voire religieuse. On imagine un dandy cultivé, éperdu de la belle Claire, lui sortant de mémoire: «Savez-vous, très chère, que vous portez le même nom de baptême que l'amazone rebelle Claire Solassier qui s'illustra sur les barricades de la Commune?» Et l'amoureux de conter la suite de l'histoire à la jeune femme, conquise.

Conquise parce que notre curiosité sur nos prénoms, ceux de nos enfants ou de nos amis est, semble-t-il, insatiable. Les différents auteurs de la collection «Les prénoms de Zulma» ont donc sorti des oubliettes de l'histoire des personnages peu connus comme le moine bénédictin anglais Matthieu Paris ou, plus proche de nous l'acteur Mathieu Amalric. Ils nous font voyager, de la Bretagne à l'Alaska, décrivant le Musée national de San Matteo à Pise et la pointe Saint-Mathieu dans le Finistère. Présente également, une vieille rengaine qui se moque joyeusement du bien-nommé, «Y'a qu'un ch'veu sur la tête à Mathieu…».

Dans un premier temps, soixante-quatre titres seront mis en vente d'ici à l'été, les prénoms choisis figurant parmi les plus portés et les plus donnés. Plusieurs auteurs se sont réparti les titres: ils sont historiens, écrivains ou journalistes. Serge Safran, directeur littéraire des éditions Zulma, perçoit cette collection comme une «invitation à se balader dans des œuvres ou dans des lieux nouveaux». Malheureusement, les ouvrages n'échappent pas aux clichés sur les personnalités liées aux prénoms: astucieusement placé au chapitre «carte postale», on y lit que Claire «apporte et répand la lumière…». Qui l'eût cru?

Les prénoms de Zulma: Alice, Arthur, Emma, Tristan… et tous les autres. Ed. Zulma