Le monde du théâtre et du cinéma parisien l’a essorée. Trop compétitif, trop hargneux pour elle. Plutôt que la course aux castings, Claudia Gallo préfère le temps de la marche, celui de «la contemplation et de la découverte». C’est le rythme qu’elle a d’ailleurs choisi pour cette entrevue fixée au pied de la tour Haldimand de Lausanne. «Je cumulais quatre emplois à l’aéroport, dans des hôtels et restaurants de la capitale pour subvenir à mes besoins», se souvient-elle. Une cadence qui l’épuise et dont le jeu n’en vaut pas la chandelle.

C’est un conseil glissé un soir au creux de son oreille qui l’incitera à rentrer en Suisse: «Si tu n’es pas heureuse en ce moment, es-tu sûre de faire ce que tu aimes? Car quand tu le fais, rien ne peut t’atteindre.» Ces mots, ce sont ceux de Marthe Keller, sa «deuxième maman», comme elle la présente. La célèbre actrice bâloise rencontrée à Lausanne lors d’un atelier de théâtre avec laquelle elle écume les salles parisiennes et partage cette même passion pour les écrivains russes.