Trois heures du matin. Il a traversé le cimetière Saint-Léonard sans un regard pour les tombes. Il les connaît à peu près toutes. Onze années qu’il arpente ces allées pour rejoindre son poste de travail, au crématorium. Un écriteau indique que la façade du bâtiment est en bois finement ajouré et que le soubassement en crépi gris préserve la tranquillité. Presque de la poésie. Jean-Robert Krebs (66 ans) n’a que faire de cette littérature. «Ici c’est l’usine, il faut que la machine tourne», dit-il.

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