Ça y est. Mardi matin, dans les heures qui ont suivi la décision de l’OMS de passer du niveau d’alerte 3 au niveau d’alerte 4, les responsables de l’Aéroport international de Genève ont pris de premières mesures actives de lutte contre la grippe porcine. Aucune n’est très spectaculaire. Mais chacune sert à préparer le terrain… au cas où.

«Nous fonctionnons comme des pompiers, explique Bertrand Stämpfli, attaché de presse de l’aéroport. Nous en sommes à nous assurer que notre camion est bien rempli d’eau et qu’il est prêt à intervenir. Mais nous n’avons encore aucune raison de le lancer dans la circulation. Aucun incendie ne s’est déclaré.»

En quoi consiste donc «l’inspection du camion»? A activer le plan de bataille mis au point ces dernières années – depuis l’alerte à la grippe aviaire – avec les autorités fédérales, et ce en conformité avec les directives de l’OMS: le Business Continuity Plan (BCP). Une marche à suivre destinée à parer à toute éventualité, sachant que les événements peuvent désormais se précipiter dans les deux sens, vers le pire comme vers le meilleur.

Montée en puissance

En ce premier jour d’alerte 4, plusieurs mesures ont été prises. Primo, les personnes susceptibles d’intervenir contre une pandémie ont été invitées à multiplier les contacts et à échanger leurs informations plus systématiquement qu’à l’habitude. Secundo, l’état-major de crise, qui comprend des représentants de l’aéroport et d’autres entreprises présentes sur le site, a été convié à se réunir une première fois ce mercredi sous la conduite d’un expert en environnement et en sécurité. Tertio, les stocks de masques et de gants ont fait l’objet d’un soigneux inventaire. Quarto, dans l’après-midi, l’ensemble des employés a eu droit à une information sur l’épidémie et la réaction qui y est apportée.

«Nous n’avons pas déployé d’emblée toutes les mesures prévues à un niveau d’alerte 4, précise Bertrand Stämpfli. Nous suivons notre calendrier de montée progressive en puissance face à un risque encore éloigné. Notre métier est de nous préparer au pire, pas d’anticiper. Sortir dès à présent un arsenal disproportionné risquerait d’être contre-productif. Une des conséquences les plus graves des pandémies est le ralentissement brutal de l’activité économique. Notre mission consiste donc non seulement à réduire au maximum le risque sanitaire mais aussi à limiter autant que faire se peut ce genre de dégâts collatéraux.»

A ce stade caractérisé par l’incertitude, la direction de l’aéroport craint tout particulièrement de contribuer à un vent de panique. Pareil dérapage est si vite arrivé… «Cela se passe comme dans les manuels, constate Bertrand Stämpfli. Le premier jour où j’ai reçu des appels concernant la grippe porcine, c’était lundi, j’ai eu pour l’essentiel à répondre à des questions précises de gens bien informés. Le second jour, mardi, j’ai passé mon temps à démentir des rumeurs.»

«Notre message au personnel de l’aéroport comme au grand public est qu’il n’y a pas le feu, poursuit le porte-parole, et que si un incendie doit un jour se déclarer, nous ne serons pas pris de court.»