En convoquant une conférence de presse pour annoncer leur volonté de cloner l'homme, Severino Antinori et Panayiotis Zavos ont réussi le parfait coup médiatique. L'énorme potentiel émotionnel de la question et la présence d'un journaliste de l'agence Reuters ont suffi à assurer à leur projet une publicité mondiale et immédiate. Mais parfaitement usurpée.

Les deux praticiens n'ont d'autre légitimité que de s'être livrés à des conceptions in vitro controversées. Ils n'apportent pas le moindre fondement scientifique nouveau à leur projet. Le clonage humain est réputé théoriquement possible depuis la naissance de la brebis Dolly en 1997. L'opération se heurte à des obstacles techniques aussi importants qu'à l'époque.

Est-il bien nécessaire de relayer cette supercherie? Ses instigateurs sont conscients qu'ils risquent de donner naissance à des monstres. Ils se soucient comme d'une guigne de savoir comment un petit d'homme, vrai jumeau de son père ou de sa mère, construira son identité et gagnera sa liberté. Seuls comptent à leurs yeux l'exploit, la renommée, et probablement les bénéfices.

Il faut pourtant parler de ce projet. Parce que la société doit savoir ce qui se trame dans certains laboratoires. Parce qu'elle doit pouvoir se prononcer sur les progrès qu'elle souhaite.