Publicité

Commentaire. La maladie autrement

Pendant longtemps, les médecins n'avaient pas les moyens de faire

Pendant longtemps, les médecins n'avaient pas les moyens de faire beaucoup plus pour leurs patients que de les accompagner tout au long de leur maladie. Un soutien avant tout moral. Avec les progrès scientifiques, la donne a changé. Les termes utilisés sont devenus guerriers, les hommes de l'art des combattants pour lesquels il s'agit de vaincre, terrasser, éliminer virus ou cancer grâce à un arsenal thérapeutique plus ou moins lourd.

Personne ne contestera les succès remportés, ni ne regrettera l'avancée de la médecine. Cette dernière a eu toutefois un effet secondaire important: les médecins et le corps soignant ont perdu l'habitude d'être impuissants devant la maladie. Au point que certains, en particulier dans les hôpitaux, ne savent plus comment se comporter lorsqu'il n'y a «plus rien à faire». Les patients ne sont d'ailleurs pas prêts à entendre un pareil verdict. La défaite n'est simplement plus envisageable. Un savoir s'est perdu dans la dynamique de l'action à tout prix.

Il a fallu un certain temps à la société pour admettre cette réalité et revenir au simple bon sens qui veut que l'on entoure et soulage les personnes «même si» la médecine ne peut les guérir. Et c'est probablement la raison pour laquelle l'introduction des soins palliatifs ne se fait que pas à pas. C'est le mérite des nouvelles directives de l'ASSM que de rappeler leur importance et de sortir les patients en fin de vie de l'abandon dans lequel ils étaient trop souvent laissés.