En abaissant de 0,8 à 0,5 pour mille le taux d'alcoolémie maximum au volant, le parlement s'est rallié à l'avis d'une majorité d'automobilistes, qui étaient à 70% favorables à la baisse. Dans le même élan majoritaire, le National a tardivement mis à niveau la norme suisse avec celle qui prévaut en Europe, bien que de plus en plus de pays du continent aient obtenu ou visent un taux de 0,2, voire de 0,0 pour mille.

Le geste s'inscrit ainsi dans une large cohérence politique, ainsi que dans une conscience d'époque. Celle-ci commence enfin à prendre la mesure de l'atrocité du carnage routier, désastre considéré il y a encore peu comme une sorte de fatalité statistique contre laquelle on ne saurait lutter. Un sentiment longtemps – et encore – alimenté par de puissants lobbies qui brandissent la pancarte «liberté individuelle!» dès que se présente à l'horizon une adaptation des règles de la circulation. Or, non, les morts sur la route ne sont pas une fatalité. Et, oui, il existe des solutions pour en endiguer le nombre. Elles passent par des décisions politiques qui ne plaisent pas à tout le monde. Tant pis pour la soi-disant «liberté personnelle» au volant, tant mieux pour la responsabilité collective.