Le premier bilan de la «nouvelle» maturité paraît à un moment opportun. Dans certaines hautes écoles, des responsables commencent à remettre en cause le principe helvétique par excellence, la valeur de sésame universel de la maturité. Ils évoquent ainsi une sélection à l'entrée de l'académie, idée confortée par quelques professeurs d'université ronchons qui ne cessent de dénoncer la dégradation du bagage des bacheliers – tout fout le camp, en somme.

On voit pourtant que, malgré des carences qui demeurent et des inégalités injustifiables, le pari de la nouvelle maturité peut être considéré comme gagné. Le défi reste cependant de taille. Les élèves ont davantage de liberté pour composer leur menu de disciplines, mais leur diplôme doit leur ouvrir les portes de toutes les filières supérieures, ou presque.

Dans quelques cas – notamment en sciences naturelles, en économie et droit ou en arts –, il devient pourtant manifeste que les gymnasiens anticipent leur futur cursus: le gymnase se fait antichambre de l'université, d'un «poly» ou d'une école spécialisée. Les années montreront si le principe de l'universalité de la maturité est caduc ou s'il doit demeurer. Face aux maniaques du numerus clausus, c'est aux professeurs et aux directeurs de gymnase de défendre la promesse politique du sésame.