Jusqu'à hier, les internautes suisses avaient toutes les raisons de faire grise mine. Avec une libéralisation du dernier kilomètre qui n'entrera pas en vigueur avant 2005 au plus tôt, Swisscom n'aurait eu d'ici là aucune raison d'améliorer ses offres ADSL. Des offres qui souffraient de retards dans la mise en service, de prix élevés, de débits limités… Rien, a priori, n'aurait dû changer à moyen terme. C'est uniquement sous la pression de l'émission Kassensturz de la TV alémanique que le géant bleu a non seulement consenti à proposer véritablement les débits qu'il vendait sur papier, mais aussi à améliorer son offre. Pour les internautes qui blâmaient Swisscom depuis des mois sur des forums de discussion, ce 8 juillet est ainsi à marquer d'une pierre blanche.

Si elle constitue un véritable succès pour les consommateurs, la décision de l'opérateur ne change pourtant rien à la situation extrêmement peu concurrentielle qui règne sur le marché de l'ADSL. Tous les fournisseurs d'accès continuent de dépendre des lignes de Swisscom. Bluewin, filiale de l'opérateur, ne bénéficie pas de prix préférentiels. Mais elle continue à voir ses pertes épongées par sa maison mère. Elle peut ainsi continuer à offrir l'ADSL à des prix planchers, ce qui risque d'éliminer plusieurs de ses rivales. Cette distorsion de la concurrence reste préjudiciable pour les internautes.