Suicide ou meurtre? «Toutes les hypothèses restent valables», s'est encore contenté d'indiquer hier le procureur italien Margherita Ravera chargé d'enquêter sur la mort de la comtesse Francesca Agusta Vacca.

Le corps de la femme du monde, disparue le 8 janvier dernier de sa villa de Portofino et retrouvée sans vie au bout de quatorze jours, presque 400 kilomètres plus loin, sur les côtes françaises, à Bormes-les-Mimosas, a été formellement identifié grâce à deux bagues, une analyse dentaire et un test ADN (LT du 31 janvier 2001). Surtout, les policiers français ont relancé les conjectures en précisant que la comtesse n'était pas morte de noyade. Dès hier, le quotidien La Repubblica annonçait «Agusta, homicide volontaire». D'autant que le frère de la victime, Domenico Vacca Graffagni, a expliqué: «L'accident est improbable et le suicide est à exclure. Qu'est-ce qu'il reste? L'homicide. Les Français en sont plus que convaincus. Maintenant, il faut voir comment, où et quand.»

«Un suicide? Allons donc; avec un coup net sur la tête, précis comme un coup de poing de Mike Tyson…», estime de son côté l'éditorialiste du Corriere della Sera. Selon la presse italienne, des gouttes de sang auraient par ailleurs été retrouvées sur la véranda de la villa de Portofino.

Hier, les enquêteurs italiens ont cependant démenti ces assertions. De son côté, le médecin légiste français a lui aussi invité à la prudence: «Le cadavre présente de nombreuses et diverses fractures compatibles avec l'hypothèse d'une chute de la comtesse près de la villa, a-t-il expliqué en confirmant: dans les poumons, il n'y a pas d'eau. La date du décès pourrait remonter au jour de la disparition.» Les experts ont précisé que les examens toxicologiques ne seront pas connus avant la semaine prochaine.

Si l'assassinat n'est pas encore retenu comme l'unique hypothèse par la magistrature, le mystère reste entier. D'autant qu'un fait troublant semble se confirmer. Peu de temps avant la disparition de la comtesse, son compagnon mexicain aurait, avec une amie, incité la comtesse à changer son testament, vraisemblablement aux dépens de son ancien amant Maurizio Raggio.

La presse italienne avance même une date pour la modification de la répartition d'un héritage qui pourrait s'élever à un minimum de 50 milliards de lires (environ 40 millions de francs): le 6 janvier dernier, soit deux jours avant que Francesca Vacca Agusta dise pour la dernière fois à ses domestiques: «Je vais prendre un bain.»