Attesté depuis 1546 – les dictionnaires sont précis –, le terme «conclaviste» désigne un ecclésiastique servant un cardinal pendant la durée d’un conclave. Evénement qui pouvait durer longtemps.

Dans le cas de Jorge Bergoglio, archevêque de Buenos Aires devenu François en mars, ce fut plus rapide que ne le pronostiquaient les turfistes des soutanes. Après la surprenante renonciation de Benoît XVI, la première en 700 ans d’Eglise catholique, François fut donc proclamé. «Habemus papam». Fumée blanche, puis ferveur populaire à Saint-Pierre. Grand moment de cette année écoulée, sur laquelle nous revenons ces deux semaines.

L’édition de L’Encyclopédie de 1751 précisait le rôle du conclaviste avec une neutralité de ton qui l’honore encore, même s’il y avait sans doute quelque perfidie laïcisante bien camouflée: «Quoique la qualité de domestique présente une idée humiliante, les fonctions d’un conclaviste ne le sont pas. Ces places sont fort recherchées, & nos jeunes abbés François de la plus haute distinction ne font pas difficulté de s’y assujettir, la connoissance d’un conclave étant nécessaire à un homme qui peut prétendre aux dignités ecclésiastiques les plus éminentes.» On ne résiste pas à citer la fin du texte, si délicieuse : «Quand le conclave est fini, on leur accorde [aux conclavistes, donc] ordinairement le gratis pour les bulles d’un des bénéfices consistoriaux qu’ils pourront obtenir par la suite.»

Le statut de conclaviste comme marche-pied pour une fonction plus éminente. L’assistant prenant du grade ; une ancienne histoire. Sûr, François devra se méfier. Non seulement des membres du conclave qui l’a consacré, mais aussi, de leurs petites mains.