Automobile

La conduite informatisée est en route

La nouvelle génération de l’Audi A4 propose une impressionnante cohorte d’assistances routières. Dont l’une permet, comme chez Tesla, un guidage quasi autonome. Test avec les mains sur le volant, ou non

Grand cas est fait de la fonction Autopilot du Model S de Tesla. Rien de plus normal, tant cette conduite autonome brûle depuis quelques mois la politesse aux grands constructeurs automobiles. Fonction activée, la voiture électrique s’inscrit d’elle-même dans les grandes courbes des autoroutes. Elle change toute seule de voie, le conducteur n’ayant dans ce dernier cas qu’à enclencher son clignotant.

En Suisse, l’Autopilot est toutefois une assistance presque virtuelle. La législation, qui progresse beaucoup plus lentement que la technologie numérique, exige que l’automobiliste ait toujours le contrôle de sa voiture, donc toujours les mains sur le volant. Reste que l’autonomisation du pilotage est en marche rapide. Tesla n’est plus le seul à proposer ce type d’aide à la conduite, obtenu grâce à la complémentarité de caméras, de radars, de capteurs ou de GPS.

Prenez la dernière génération de l’Audi A4, le modèle le plus vendu de la marque allemande. Commercialisée depuis peu, cette rivale de la BMW Série 3 ou Mercedes Classe C propose également une fonction de conduite autonome. Plus prudente, circonscrite, mais aussi plus réaliste à l’heure actuelle que l’Autopilot de la Tesla. Elle est de plus inscrite dans un ensemble complet d’assistances électroniques sophistiquées, comme n’en a jamais vu une routière de taille moyenne.

Lâcher le volant

Sur autoroute, ou route rapide, une tenue de cap active permet de lâcher le volant pendant une durée maximale de cinq secondes, avant que le message «Veuillez reprendre le volant» ne s’affiche sur le tableau de bord. Pendant ce laps de temps, l’Audi A4 est en charge de la conduite, repérant grâce à sa caméra frontale les lignes routières, tenant au plus près sa trajectoire. Mais pas sans quelques à-coups et ajustements, alors que le système automatisé de la Tesla est plus fluide. Mais la fonction reste impressionnante. Testez-la avec des personnes non prévenues à bord: vous verrez leurs réactions, partagées entre l’inquiétude et la stupéfaction.

Cet «active lane assist» ne s’emploie qu’à partir de 65 km/h. En deçà de cette vitesse, par exemple dans un environnement urbain, une autre assistance permet un guidage automatique. Le «traffic jam assist» permet à la voiture de se prendre en charge lors d’un embouteillage. Elle règle son allure sur le véhicule précédent, tient son cap, surveille ses arrières, s’immobilise (si l’A4 est équipée d’une transmission automatique), repart, tient compte des limitations de vitesse et se désactive lorsque la route s’éclaircit à l’horizon.

Cette assistance n’est qu’une sous-fonction du contrôle adaptatif de la vitesse, lequel tire parti des radars, capteurs et caméras de l’A4.L’Audi est aussi pourvue d’un système d’anticipation ou d’efficacité prédictive qui s’appuie sur les données GPS. Le conducteur est prévenu de l’arrivée d’une courbe serrée, d’un rond-point, d’un carrefour, d’une nouvelle limite de vitesse avant qu’il ne s’en aperçoive lui-même. Ce genre d’assistance peut sembler superflu. Ou trop intrusif. Mais il agit en complémentarité avec d’autres aides et préventions. Comme celle qui repère un véhicule qui surgit de l’arrière lorsque vous ouvrez la porte une fois parqué. Au final, le gain en sécurité et tranquillité d’esprit est évident. Un gain qui se paie: la plupart des fonctions décrites ici sont des options, facturées au prix fort comme il est d’usage chez les marques allemandes.

Cockpit virtuel

La neuvième génération de l’A4, en comptant l’Audi 80 apparue en 1972, permet de visualiser ces informations de manière ingénieuse, dans l’axe du volant. Un «cockpit virtuel», déjà apparu dans les récentes Audi TT ou Q7, se substitue aux traditionnels compteurs ou affichages analogiques. Par exemple ceux de la Tesla, qui commence ici à prendre un coup de vieux (le Model S a déjà quatre ans). Il s’agit d’un écran LCD en haute résolution qui, d’un simple réglage au volant, varie ses propositions de navigation routière, informations sur les systèmes de bord, compte-tours ou tachymètres.

La carte GPS peut au besoin occuper presque l’entier de l’écran numérique, rendant le guidage particulièrement agréable. Surtout lorsque celui-ci est complété par les indications de l’affichage tête haute (projeté sur le pare-brise). Voire par les données de l’autre écran du tableau de bord, même si le système devient ici redondant, donnant plus le sentiment de piloter Solar Impulse qu’une voiture de tourisme.

Cette armada d’assistances technologiques demande un temps d’adaptation, ainsi qu’une solide information préalable. Mais elle est le signe que l’informatisation de la conduite automobile avance désormais à grand pas, ou grandes lignes de codes, descendant du haut au moyen et bientôt bas de gamme.

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