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Comment confondre les tricheurs à l'université? Une start-up romande propose sa solution

La société valaisanne OrphAnalytics a développé un outil capable de détecter les copies suspectes. La haute école spécialisée de Suisse occidentale teste le programme depuis le début de l’année. Ce nouvel outil s’annonce prometteur

Dans la série «House of Cards», le président américain Franck Underwood engage un célèbre écrivain comme «nègre littéraire» pour vanter son programme de lutte contre le chômage. Ce personnage sulfureux n’est pas le seul: en Suisse, certains étudiants recourent également à des prêtes-plumes pour rédiger leurs travaux académiques. Plusieurs centaines d’entre eux ont acheté leur travail académique l’année dernière en Suisse, a révélé lundi une enquête de SRF.

Afin de détecter les copies suspectes, la société OrphAnalytics installée à Martigny a développé un outil capable de détecter les copies suspectes, comme le raconte la RTS. De quelle manière? Le logiciel analyse la construction des phrases, la fréquence et la longueur des mots ou encore les effets de style. «Quelques pages suffisent» pour authentifier l’auteur d’un document, avance la start-up sur son site web.

Derrière ce programme, on trouve Claude-Alain Roten, un scientifique issu de la génomique. «J’ai utilisé les algorithmes pour le génome sur les travaux universitaires et je me suis rendu compte qu’ils étaient capables de faire de l’authentification de textes», raconte ce chercheur de l’UNIL.

La saga «Millenium» passée au peigne fin

Pour tester la pertinence de son outil, la start-up valaisanne a analysé la saga littéraire «Millenium». Les trois premiers romans avaient été rédigés par Stieg Larsson, mort en 2004. En 2015, en prenant la relève pour un quatrième tome, l’écrivain David Lagercrantz devait relever un périlleux défi: ne pas trahir l’œuvre originale et fondre son écriture dans celle du maître.

Mais le logiciel d’OrphAnalytics n’est pas dupe. L’analyse des ouvrages montre que les trois premiers textes empruntent le même style d’écriture alors que le quatrième roman se détache nettement. Plus surprenant, d’autres livres de David Lagercrantz – comme celui qui raconte le parcours du mathématicien Alan Turing – rejoignent l’empreinte stylistique du dernier «Millenium».

 

Pas un outil miracle

Cet outil mettra-t-il fin à la triche universitaire? La Haute Ecole spécialisée de Suisse occidentale (HES SO) teste en tout cas le programme depuis le début de l’année. «Il est nécessaire de disposer d’outils de détection de plagiat, compte tenu des différentes formes qu’il peut prendre», assure le vice-recteur Yves Rey. Selon lui, les premiers tests sont prometteurs.

Le programme n’est toutefois pas un outil miracle. «Notre logiciel ne donne pas une preuve irréfutable de ghostwriting, il met en avant les textes suspects», tempère son concepteur. La direction de l’établissement scolaire mise d’ailleurs plus sur la prévention. «Ce qui est encore plus important, c’est de former et sensibiliser nos étudiants à l’intégrité académique», confirme Yves Rey.

Lire l’article de la RTS: La traque aux ghostwriters pour étudiants

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