Une église en Californie et deux sociétés immobilières dans le Montana… Les victimes du concours de piratage organisé dimanche (lire LT du 5 juillet) semblaient, hier soir, extrêmement peu nombreuses. La première page de leur site Internet a été «défigurée» («defaced», en anglais), mais les dégâts causés par cette compétition entre vandales paraissent sans commune mesure avec ce que craignaient les autorités américaines et certaines sociétés de sécurité informatique.

Selon les prévisions, ce concours sauvage devait déboucher sur la prise de contrôle temporaire de 20 000 à 30 000 sites, avec le remplacement de leur page d'accueil par un message rédigé par des pirates. Il n'en a apparemment rien été. D'après le site www.zone-h.org, l'une des meilleures sources concernant le nombre de «défigurations», 300 attaques ont eu lieu dans les premières minutes du concours. Le hic, c'est que zone-h.org a lui aussi été victime d'attaques, et demeurait hier encore indisponible. Son propriétaire, Roberto Pretoni, affirmait dans un communiqué que le concours avait provoqué «le pire chaos qu'on ait jamais vu dans l'histoire d'Internet».

Vers une prolongation?

Des propos qu'aucune société informatique n'a corroborés, et qui semblaient nettement exagérés. Selon ISS, l'une des firmes leaders en matière de sécurité, le nombre de sites «défigurés» dimanche n'excédait pas quelques centaines, soit une activité tout à fait normale. D'après les experts, soit l'importance du concours a été exagérée, soit les appels à la vigilance ont porté leurs fruits. Des rumeurs faisaient état hier d'une prolongation du concours. On ne connaîtra donc pas avant plusieurs jours l'importance des actes de vandalisme commis.