«Je suis fâché et frustré d’un système égoïste et inhumain.» Il y a un an, Domenico est devenu papa d’une petite Léa. Une bien belle nouvelle et un bouleversement complet pour lui et sa femme Cindy. Pendant neuf mois, ils ont préparé l’arrivée de Léa ensemble et se sont rendus, à deux, à toutes les échographies et cours de préparation à l’accouchement. Le jour J, Domenico était aux côtés de sa femme, il a même coupé le cordon ombilical lui-même. Et puis, plus rien. Après un jour de congé, comme pour un déménagement, le jeune papa a dû retourner travailler, laissant sa nouvelle petite famille toute seule. Pourtant, à l’aube de sa vie, Léa aurait bien eu besoin de la présence de Domenico. Et Cindy aussi.

Du moins, c’est ce que dit la science. Longtemps focalisés sur le lien maman-bébé, les chercheurs semblent aujourd’hui s’accorder sur les bienfaits d’être deux pour accueillir un enfant. «Une naissance est un énorme bouleversement qui amène une multitude de nouvelles tâches, explique Emmanuel Schwab, chargé d’enseignement à l’Institut des sciences logopédiques de l’Université de Neuchâtel. C’est comme si vous ajoutiez un deuxième 100% à un employé à temps plein: 200%, pour une seule personne, c’est trop.»