Les photos numériques modifiées se multiplient dans les médias. Si bien qu'il est devenu indispensable de donner un cadre à l'utilisation de ces nouvelles techniques. Jusqu'où peut-on aller dans l'utilisation de ces images sans trahir la réalité? Le Conseil suisse de la presse a publié mardi une prise de position sur les règles déontologiques à observer. Première mesure: les photographes sont instamment priés de conserver leurs originaux.

Selon le Conseil suisse de la presse, il convient de se demander si l'absence d'une mention signalant un montage équivaut à la suppression d'un élément d'information essentiel ou à une dénaturation d'une image par rapport à l'original. Plus le caractère documentaire de l'image est primordial dans le contexte d'une publication, plus délicates sont les interventions à son sujet, écrit le conseil dans un communiqué.

L'organe distingue trois niveaux de retraitement d'une image: il y a d'abord les retouches formelles sans conséquences, comme l'amélioration du contraste. Puis il y a les modifications plus délicates changeant le contenu mais pas le message, comme dans le cas d'un recadrage. Enfin, il existe des traitements qui modifient à la fois le contenu et le message comme dans le cas de photomontages.

Pour le Conseil de la presse, il existe une limite entre le degré de modification intermédiaire, qu'il n'est pas nécessaire de signaler, et le dernier, qu'il convient logiquement de qualifier de «montage». De plus, l'organe recommande aux photographes de stocker dans leur propre intérêt les photos numériques originales, afin qu'une vérification de la source reste possible.