Meglena Kuneva est une commissaire européenne heureuse. Ancienne ministre bulgare pour les Affaires européennes, cette avocate nommée à la Commission en 2007 a fait de la défense des consommateurs un sujet phare que le scandale de la mélamine chinoise ne fait que conforter. Preuve de l'importance accordée à la sécurité sanitaire, plus de 500 décideurs politiques, experts et représentants d'organisations de consommateurs ont participé, mercredi et jeudi, à une conférence de haut niveau sur les enjeux futurs en matière de santé, de modes de vie et de contrôle-qualité.

Premier acquis de cette réunion: la protection des consommateurs est aussi un enjeu économique majeur. L'Union européenne, dont les standards sont enviés, a les moyens d'être leader sur le marché mondial de la qualité de l'alimentation humaine ou animale. La création de postes d'attachés européens chargés de ces questions dans les délégations de la Commission à travers le monde est à l'étude. L'insertion d'une dimension «protection des consommateurs» dans les aides au développement accordées par l'UE, premier bailleur de fonds humanitaires mondial, est aussi évoquée.

Réchauffement climatique

Deuxième leçon: le lien crucial entre les initiatives en matière de santé et celles prises pour lutter contre le dérèglement climatique. «En plus de la santé des personnes, les changements climatiques et la dégradation de l'environnement ont un impact majeur sur la qualité de la nourriture, et sur l'accès à l'eau et aux denrées alimentaires», juge l'étude publiée par la DG Santé de la Commission, pour laquelle «la dépendance croissante des 450 millions d'Européens envers les méthodes industrielles de production alimentaire» augmentent les risques. Une étude à l'échelle de l'UE sur la qualité des produits agricoles a été lancée le 15 octobre. Elle court jusqu'à la fin de 2008.

Dernière dimension du sujet: les inégalités au sein même de l'UE. L'étude de la Commission rappelle que l'espérance de vie pour les femmes varie de 76 ans en Bulgarie, Roumanie et Lituanie à 84 en France, en Italie et en Espagne. Elle redit aussi la vulnérabilité des couches les moins favorisées de la population européenne: 40% des Européens à bas salaires souffrent de maladies chroniques contre 20% pour les citoyens les mieux payés.

L'ensemble de ces données exige, selon la Commission, une action d'autant plus urgente que le vieillissement de la population européenne est un facteur aggravant. La direction générale Santé-Consommation de l'UE, forte de son lien direct avec la population, devrait voir son budget augmenter en 2009, notamment pour financer de grandes campagnes de communication à l'échelle européenne. Les questions qui divisent l'Union, comme l'attitude à adopter vis-à-vis des organismes génétiquement modifiés, demeurent toutefois un obstacle. Huit sortes de semences d'OGM sont actuellement autorisées au sein de l'Union.