Voilà une nouvelle qui va régaler et soulager les amateurs de pizza: la consommation de ce fameux plat italien réduirait sensiblement le risque de certains cancers, selon une étude épidémiologique citée dimanche par le quotidien La Repubblica. Cette étude doit paraître prochainement dans la revue International Journal of Cancer. Elle est accessible depuis hier sur le site Internet de la revue (www.interscience.wiley.com).

L'enquête a été menée par l'Institut pharmacologique de Milan (nord) auprès de 3315 Italiens atteints d'une tumeur de l'appareil digestif ou de la gorge. Leurs habitudes alimentaires ont été passées au crible et comparées avec celles d'un échantillon de près de 5000 patients atteints d'autres affections. Résultat: les personnes qui consomment de la pizza une à plusieurs fois par semaine sont moins touchées par le cancer que celles qui n'en mangent jamais. Les risques d'une tumeur de l'appareil buccal, de l'œsophage et du colon diminuent ainsi respectivement de 34%, 59% et 26%, selon les chiffres cités par le journal italien. «On savait que la sauce tomate pouvait être considérée comme un aliment protecteur contre certaines tumeurs, mais nous ne nous attendions pas à ce que la pizza, comme aliment complet, puisse apporter une protection aussi forte», a commenté Silvano Gallus, biostatisticien et coordinateur de la recherche.

«Il n'est pas dit que le responsable de ce résultat soit uniquement la pizza», a tempéré cependant l'épidémiologiste milanais Carlo La Vecchia. Il rappelle que les bénéfices de la tomate sont connus depuis longtemps, car elle est riche en antioxydants. D'autre part, souligne-t-il, «la pizza pourrait simplement être un indice d'un style de vie et d'alimentation, à savoir la version italienne du régime méditerranéen». Celui-ci est en effet riche en huile d'olive, fibres, légumes, fruits, farine, et inclut des pizzas faites maison et donc non-congelées.

A Genève, une nutritionniste italienne exprime aussi ses doutes: «Le résultat de cette étude est surprenant, parce que la quantité de tomates nécessaires à la préparation d'une pizza est faible. De même, on n'utilise pas forcément de l'huile d'olive extravierge pour la confectionner, ni beaucoup de légumes. Souvent, il arrive aussi que les bords des pizzas soient brûlés, ce qui n'est pas recommandé lorsqu'on veut éviter un cancer.» Par ailleurs, les produits qu'on trouve sur les pizzas peuvent aggraver le taux de cholestérol, comme la charcuterie ou le fromage.