Plusieurs coopératives romandes de Migros ont précisé vendredi leur position sur la question du port du voile de leurs employées musulmanes. Elles l'ont fait alors que, au lendemain de la réunion des responsables de personnel à Zurich, la porte-parole du groupe a répété l'intention de considérer chaque demande de manière individuelle. Le grand distributeur ne prononce pas d'interdiction généralisée et laisse chacune de ses coopératives se prononcer.

Sans décision d'ensemble, on veut aussi tenir compte de prescriptions spécifiques liées par exemple à l'hygiène ou à la sécurité du poste de travail. Après Migros Genève (LT du 19.11.2004), Migros Neuchâtel-Fribourg opte, pour l'heure également, pour l'interdiction du foulard. Leurs directions pensent ainsi protéger leur personnel de comportements xénophobes, ont-elles précisé à l'ATS. En revanche, Migros Vaud accepte le port du voile. Ce pari de la «tolérance» est tenté aussi longtemps qu'aucune crispation n'est ressentie du côté de la clientèle comme de celui du personnel. Dans une récente interview donnée à la presse alémanique, le futur chef de Migros Herbert Bolliger a estimé malvenu un règlement pour l'ensemble du groupe. Cette opinion est aussi celle d'Anton Scherrer auquel il succédera. A leurs yeux, une caissière portant le voile pourrait irriter certains clients dans des régions plus conservatrices et ne poser aucun problème dans un commerce de ville. Chez le principal concurrent, Coop, on a également choisi de fonctionner, pour l'heure, au cas par cas. Dans de nombreuses entreprises, c'est souvent le souci du client satisfait qui reste la priorité.