Le déclencheur, c’est une pub. Un spot de la marque Frida pour des produits de soins post-partum, jugée «trop graphique» par la chaîne américaine ABC pour être diffusée lors de la cérémonie des Oscars de février dernier. Qu’y voit-on? Une femme dont le ventre est encore rond, qui se lève au milieu de la nuit pour aller difficilement aux toilettes, changer sa serviette hygiénique post-accouchement, avec les cris de son nouveau-né en toile de fond. Pas de sang, pas de parties intimes visibles, juste un tableau qui «dépeignait une réalité très édulcorée du post-partum», s’insurge Illana Weizman.

La sociologue et militante féministe qui vit à Tel-Aviv depuis dix ans, d’où elle nous raconte sa démarche par téléphone, s’étrangle. Elle n’est pas la seule. La mannequin américaine Ashley Graham, choquée elle aussi par cette censure, publie sur son compte Instagram des photos d’elle quelques jours après son accouchement. «Levez la main si vous ne saviez pas non plus que vous alliez devoir changer vos propres couches», écrit celle qui pose en sous-vêtements jetables. Illana Weizman l’imite, déplorant «le flou autour du post-partum», une période pourtant «charnière», ce qui «participe à la détérioration de la santé mentale» des femmes.